00:00:00: Le jazz est un statement, c'est un engagement en fait personnel qui est très très fort de la part des artistes.
00:00:06: Donc je pense que ça, de façon structurelle, ça rend cette musique en fait particulièrement politique
00:00:13: et ça change aussi beaucoup de choses
00:00:15: au son
00:00:16: mais aussi à l'enregistrement.
00:00:18: enfin être dans un studio avec quasiment que des femmes ou en tout cas une majorité de femmes.
00:00:23: Je ne sais pas si t'as déjà vécu ça là mais ça change tout vraiment.
00:00:27: comme je viens À l'origine aussi, je suis un peu remontée contre les plateformes de streaming.
00:00:34: Notamment celle qui commence par Spotify.
00:00:38: Mince, j'ai dit !
00:00:39: Alors moi j'aie accepté d'être présente sur des plateforms mais pas à cent pour cent parce que j'avais pas envie de tout donner.
00:00:45: En fait la première fois qu'j'ai vu mon relevé de royalties... Des plates formes de streamings, je me suis dit il y a un problème.
00:00:52: en fait on peut pas continuer
00:00:53: comme ça.
00:01:04: Montre le son c'est le podcast des pas sur des musiques.
00:01:06: Bienvenue à tous, ça va Daz ?
00:01:08: Et toi Salmane la pêche ?
00:01:09: Écoute carrément.
00:01:10: je suis d'autant plus heureux que l'on reçoit des entités de qualité Daz.
00:01:13: Ouais
00:01:13: comme souvent j'sais pas.
00:01:14: Comme toujours
00:01:15: évidemment mais encore plus en genre.
00:01:18: Puisque nous sommes avec deux musiciennes.
00:01:21: Attends de quel genre musical s'il te plaît ?
00:01:24: Oui on va reparler de jazz.
00:01:26: C'était déjà le cas dans les épisodes précédents mais d'une manière différente.
00:01:29: figure-toi parce qu'tu vois on avait parlé genre des esthétiques tu vois des nouvelles esthétique jazz etc.
00:01:33: plus les aspects vraiment Voilà des différentes scènes, etc.
00:01:37: Aujourd'hui on va essayer de parler déjà d'une manière un peu différente.
00:01:39: Notamment tu sais ce que peut incarner cette musique en termes de pensée et d'idées De combat éventuellement parce que c'est une musique qui à travers l'histoire a été plus d'un fois importante pour des communautés etc.
00:01:51: Et qu'elle n'a pas vraiment d'incarné des choses.
00:01:53: Donc Daz oui nous avons deux grandes passionnées pour discuter de tout ça Parce-que dans votre heure on retrouve à la fois ces éléments là où pouvons discuter.
00:02:01: aussi On est avec Fleur Bengigui On est avec Leila Olivesi.
00:02:04: Bonjour,
00:02:05: bienvenue Mesdames.
00:02:05: Bonjour !
00:02:06: Merci Messieurs.
00:02:07: Ouais ça va ?
00:02:08: Très content d'être là.
00:02:09: Ben
00:02:09: carrément je suis très content de ce plateau.
00:02:11: Ça a été un petit peu difficile à organiser mais on l'a réussi.
00:02:14: Merci Leila d'ailleurs d'avoir été rendu disponible.
00:02:16: c'était une période un peu chargée pour toi.
00:02:18: Avec plaisir.
00:02:19: Trop bien.
00:02:20: Je vais vous présenter quand même très rapidement avant qu'on rentre vraiment dans le vif du sujet d'Asia Témission Floor.
00:02:26: Je le dis à musicienne.
00:02:27: Tu écris, tu composes et tu interprètes.
00:02:29: Beaucoup de gens ont découvert avec ton travail lorsque t'étais autrice chanteuse au sein du groupe l'impératrice un registre plutôt pop.
00:02:36: mais ce qu'on sait moins c'est que il y a une musique qui traverse toute ta vie, ton grand amour musical, celle jazz.
00:02:41: C'est pour ça qu'elle est avec nous d'Az.
00:02:42: D'ailleurs t'as fait, si je ne dis pas de bêtises six ans de conservatoire.
00:02:47: option de jazz c'était formé aussi aux jazz.
00:02:50: Ah oui, j'étais en conservatoire d'arrondissement à Paris en jazz tout à fait.
00:02:54: Donc je n'ai pas fait un conservateur national, rien de prestigieux mais oui j'ai une formation.
00:02:59: Tu as étudié entre guillemets le jazz ?
00:03:01: Violoncelle d'ailleurs ça te plaisait moyen c'est ça
00:03:03: ?
00:03:04: Ça c'était avant.
00:03:04: mais le violoncelle même pas en jazz pendant dix ans est extrêmement mauvaise.
00:03:12: Désolé on ne devrait même pas le mentionner.
00:03:19: Toutes les bio.
00:03:21: Et cet amour du jazz, tu le décline de plein de manières.
00:03:24: parce qu'évidemment il y a ton premier album solo tout récent qui s'appelle i-throix cent trente qui est sorti en mars.
00:03:30: là c'est ça ?
00:03:31: Ouais
00:03:31: deux semaines.
00:03:33: C'est un album de reprise jazz de plusieurs autrices hauteurs souvent anglophones pardon mais aussi il ya du barbare par exemple dans l'album.
00:03:43: et puis ce qui est intéressant c'était que T'as essayé de t'amuser autour de cette musique.
00:03:48: Il y a vraiment un aspect ludique, de partage aussi.
00:03:50: Il ya toute une équipe qui a été montée.
00:03:52: D'ailleurs souvent beaucoup de femmes dans cet équipe c'est un truc qui te tient à cœur.
00:03:55: Et puis les sonorités en plus aussi étonnantes pour ce registre... Justement presque aussi ludiques ces sonorities peut-être plus synthétiques etc.
00:04:06: C'était une volonté.
00:04:08: tu t'es penché sur le son autour d'un album et te dire je vais utiliser telle outil.
00:04:13: Oui, justement comme tu le disais c'est pas vraiment un album solo.
00:04:18: finalement parce que c'était vraiment un projet collectif.
00:04:21: Oui
00:04:21: je précise, C'est Flor Benigui and the Sensible Notes qui
00:04:23: est
00:04:24: le groupe qui t'accompagne.
00:04:25: Tout
00:04:25: à fait !
00:04:26: Un collectif un peu à échelle variable en référence à la sensible en jazz et c'est du jazz, comme tu le disais assez old school.
00:04:36: C'est des morceaux des années... vingt-trente, quarante.
00:04:40: Mais l'idée, c'était de proposer autre chose parce que évidemment ce sont des morcels qui sont assez niches et qu'ont pas été repris depuis les années trente mais il y en a aussi qu'on connaît un peu tous et toutes.
00:04:50: Et l'idée, c'était d'essayer à mon humble échelle de proposer quelque chose d'un peu différent.
00:04:58: donc j'ai essayé de mélanger les instruments acoustiques un peu traditionnels du jazz avec des synthétiseurs analogiques ou avec du vocodeur ou avec des effets aussi mais toujours des effet analogique.
00:05:10: enfin en fait l'idé c'est de parler vers quelque chose électronique et froid mais toujours quelque chose.
00:05:16: C'est quand même humain, malgré tout le côté un peu humain de la machine.
00:05:20: Et
00:05:20: on en reparle là, c'était une vraie geek.
00:05:22: à l'Alkif Trollmato et d'ailleurs vous avez créé un outil spécifique où vous alliez assembler plein de trucs.
00:05:27: On n'en parlait pas, ce n'était
00:05:29: pas
00:05:29: intéressant.
00:05:29: Je disais que cette amour du jazz tu le déclines de plusieurs manières.
00:05:32: Il y a cet album évidemment qui est récent mais même dans tes travaux à côté.
00:05:36: alors notamment t'as monté un collectif qui s'appelle « Chercher La Femme ».
00:05:39: Dans ce collectif alors c'est pas exclusivement de jazz mais tu commets quand même souvent en avant cette musique.
00:05:44: Déjà vous lutter pour plus de visibilité des femmes, parce qu'on sait qu'effectivement dans la musique c'est pas toujours le cas malheureusement.
00:05:49: Dans le jazz encore plus particulièrement ça vous a amené d'ailleurs à créer des jams jazz spécifiques qui aujourd'hui d'abord s'appelle chercher la jam.
00:05:57: il y a eu plusieurs formes mais là toute dernière chercher la gemme ça se passe.
00:06:00: ou d'ailleurs ?
00:06:01: Ça se passe à la Petite Halle de Lavilette, à Paris.
00:06:03: C'est des mensuels qui vont avoir un an le mois prochain et où c'est les soirées mixtes où tout ne peut rentrer, tout ne peux venir écouter.
00:06:14: C''est gratuit mais la scène est réservée aux femmes et aux minorités de genre parce que... C'est un constat que j'avais fait déjà quand j'allais beaucoup en jam, quand je étais au conservatoire il y a plus de dix ans.
00:06:27: Mais le constat n'a pas beaucoup changé.
00:06:30: aujourd'hui les jams restent des lieux très importants dans la carrière des musiciens-musiciens de jazz mais ce sont des lieues où les femmes sont très peu représentées sur scène et donc c'est des lieus qui sont difficiles d'accès pour les femmes et qui peuvent même être dangereux finalement parce que c'est des espaces nocturnes où on a consommé de l'alcool, donc ce n'est pas très safe comme endroit.
00:06:53: Et comme ça est un peu un passage obligé, l'idée c'était d'essayer de rendre ce passage obligés le plus agréable en tout cas le moins traumatisant possible !
00:07:04: Du coup on a créé ces jams là qui sont vraiment des espèces magnifiques.
00:07:10: Ça avait pris aussi ce collectif à chercher la femme et a pris aussi la forme d'un podcast.
00:07:14: Alors ça fait quelques temps qu'il n'y a pas eu d'épisode, mais hyper intéressant où elle explore la place des femmes à différents moments dans différents univers etc... Des pionnières, soit en point de vue technique ou dans des métiers.
00:07:24: les ingéies sont des choses comme ça.
00:07:25: c'est super bien !
00:07:26: Merci !
00:07:27: Ca va revenir je pense
00:07:29: !
00:07:30: Merci beaucoup !
00:07:31: Bref voilà pour toi la musique.
00:07:32: c'était l'occasion vraiment de poser un regard sur le monde qui nous entoure Chose qu'on retrouve aussi dans le travail de Layla, Layla Olivezi.
00:07:39: Je te présente aussi quand même... Bon c'est une grande pianiste à ce qu'il y a avec nous.
00:07:44: Pianiste jazz sert tu composes, chef d'orchestre aussi.
00:07:48: Tu fais plein de choses.
00:07:50: T'as commencé le piano à l'âge de dix ans si je dis pas de bêtises
00:07:52: ?
00:07:53: Vous vous êtes bien renseigné ?
00:07:54: Écoute,
00:07:54: on essaie !
00:07:55: Très tôt d'ailleurs tu es montée sur scène.
00:07:57: Ça c'est hyper intéressant parce qu'il y avait... Je sais pas s'il existe encore un groupe composé d'enfants qui s'appelle les petits loups du jazz.
00:08:03: et toi à quel âge tu t'es retrouvé sur scène ?
00:08:06: Alors quand on a enregistré notre premier album j'avais treize ans Et en fait très rapidement, parce qu'au départ c'était pas un projet de troupe de spectacles vivants.
00:08:16: En fait cette aventure est née des collos que l'on faisait l'été, des collo musical dans la famille Kayar.
00:08:24: on se retrouvait avec tout un tas d'instrumentistes de classique et de jazz, d'ailleurs.
00:08:31: Et en fait pendant les semaines de collo on se retrouvait le matin pendant une heure pour chanter tous ensemble.
00:08:38: Olivier Caillard qui dirigeait ce moment-là, qui était pianiste de jazz lui même mais c'était aussi mon prof de piano de jazz d'ailleurs comme sa musique c'est le jazz il voulait nous faire chanter du jazz et y avait pas vraiment de chanson de jazz en français.
00:08:52: Toutes les paroles étaient en anglais, donc on a créé nous-mêmes des paroles en français pour pouvoir chanter les standards de jazz.
00:08:58: Et en fait d'année en année le répertoire s'est agrandi à tel point qu'un jour il s'ait dit bah ça serait sympa d'enregistrer !
00:09:04: Donc il a rappelé tous les enfants qui avaient participés au collo en disant est ce que ça vous dit de venir en studio ?
00:09:09: On va chanter ensemble les chansons qu'on a inventées.
00:09:12: Et en fait, le disque a tellement bien marché qu'au bout d'un moment il s'est dit bah on va faire des concerts.
00:09:16: Donc il a rappelé tous les enfants qui avaient participés à l'enregistrement du disque en leur disant « est-ce que vous voulez faire des concert ensemble ?
00:09:22: ».
00:09:22: Mais attends je te coupe juste un instant parce que moi j'ai... Je connais tous les morceaux au parcours !
00:09:26: J'adorais Les Petits Meudges mais je suis estomacée.
00:09:30: que tu sois dedans c'est génial !
00:09:32: Alors….
00:09:36: J'ai perdu mes chaussettes !
00:09:37: C'était moi !
00:09:38: Et j'ai perdu mes lunettes.
00:09:40: C'était même ma copine qui était à côté
00:09:41: de moi !
00:09:43: Mais c'est incroyable, je suis fan.
00:09:44: Je ne te demande rien d'autographe.
00:09:47: Est-ce que ça a été un projet ?
00:09:48: Il y a eu une génération entre guillemets... Un album, une tournée.
00:09:52: où est ce qu'il a ensuite perduré?
00:09:53: ce groupe
00:09:53: ?
00:09:53: Oui ça a perdurés et en fait ça marchait vraiment bien.
00:09:55: donc on a fait trois quatre dix ensemble.
00:10:01: Au bout d'un moment en fait ce qui s'est passé c'était qu'Olivier Caillard avait envie de quitter Paris.
00:10:05: il est parti s'installer vers Montpellier.
00:10:07: Et là, c'était vraiment terrible pour nous parce que pour nous c'est une deuxième famille en fait.
00:10:13: Donc il a remonté un... Il a continué à travailler avec des enfants vers Montpellier.
00:10:19: Et nous, on s'est senti un petit peu orphelin.
00:10:20: donc on a montré un groupe vocal qui s'appelait les Locas avec les grands loups parce qu'on avait grandi et moi j'étais moi-même au piano, j'ai appelé des amis, des copains de musiciens pour qu'ils jouent ensemble et on a fait... On a continués à essayer de créer.
00:10:35: puis bon en bout d'un moment ça c'est... J'ai monté un groupe par ailleurs et ça s'était poursuivi ailleurs.
00:10:41: Rigolo, c'est si tôt.
00:10:43: Et quelle chance aussi d'avoir cette expérience très tôt ?
00:10:45: Je suis sûr que ça a fait toi une meilleure musicienne de si taut, tu vois, d'enregistrer, de jouer live... Cette expérience,
00:10:52: oui !
00:10:52: Et puis surtout on a rencontré des musiciens fabuleux parce qu'il y avait des super-musiciens.
00:10:57: C'est comme ça que j'ai commencé à fréquenter en fait les musiciens et musiciennes de jazz français Par exemple, Al Levite.
00:11:05: Oui d'ailleurs il y avait des Américains aussi.
00:11:06: Al Levites, Glenn Ferris que j'ai rencontré là et qu'j'ai rappelé pour un de mes albums.
00:11:10: ensuite la suite en Daman.
00:11:13: Et quand ils me voient, ils me disent « Oh putt hello !
00:11:14: Putt hello
00:11:15: !".
00:11:16: Voilà je adore Glenn.
00:11:17: Il y a les Frères Belmondo, on est enregistrés aussi en disques avec Stéphane Grapelli.
00:11:23: C'était quand même extraordinaire.
00:11:24: Et puis c'était vraiment une belle aventure.
00:11:27: Il n'y avait aussi Alain Jean-Marie qui avait participé.
00:11:29: On a...
00:11:31: Ouais.
00:11:33: Tu es formé toi aussi au conservatoire, alors jazz évidemment mais aussi écriture classique.
00:11:39: C'est vraiment ces deux univers que tu explore, la musique dite classique et le jazz.
00:11:43: On le retrouve un peu moins dans ta discographie mais c'est quand même j'imagine présent dans ta manière d'écrire de composer.
00:11:48: je sais pas ?
00:11:49: En fait le Jazz c' est une musique qui se nourrit de toutes les musiques et qui vient à la fois des musiques qui venaient d'Afrique mais aussi d'Occident.
00:11:58: et donc je pense qu'on veut vraiment comprendre l'écriture que ce soit de jazz ou classique quoi que ce soir.
00:12:04: en fait c'et bien ne pas avoir de frontières de style.
00:12:07: J'étais très intéressée par l'écriture, comme on dit classique.
00:12:11: C'est-à-dire de tradition savante occidentale.
00:12:15: mais j'ai fait aussi des cours d'orchestration qui m'ont servi parce qu'en fait j'aime bien écrire pour les grands ensembles.
00:12:20: et quand j'ai écrit pour Orcas symphoniques plus big band, plus coeur c'était pas mal d'avoir cette formation un petit peu solide.
00:12:27: Alors c'est rigolo que tu perds des grands ensemples.
00:12:28: enfin ce n'est pas des grands ensemble.
00:12:29: mais il y a un truc hyper marquant dans ta carrière.
00:12:31: donc t'as enchaîné plein de dix dans ta carrière.
00:12:33: alors c'es bon parce que parfois on trille ou parfois encore tête parfois en quintet parfois en octète dase et même en nonnet.
00:12:39: je savais même pas que ça existait.
00:12:40: nonnette nonnett je sais pas quoi.
00:12:40: je vous
00:12:41: l'avais dit.
00:12:42: le nonnet !
00:12:44: Pour moi c'étais une pâtisserie ?
00:12:45: C'est un truc comme ça.
00:12:47: Donc c'est
00:12:49: quoi, c'était neuf ?
00:12:51: On était neuf avec Glenn Ferris au trombone justement.
00:12:55: C'EST
00:12:56: LE WUTENG !
00:12:58: Il y a des collaborations aussi.
00:13:02: T'as écrit même pour des films.
00:13:06: Parfois aussi on peut te solliciter pour des créations originales... C'était le cas par exemple avec Rhapsody in Black mais on en reparlera.
00:13:15: En plus de ça, elle enchaîne les distinctions pris du dysfrançais de l'Académie du Jazz en twenty-vingt-cinq.
00:13:20: Prit Django Reinhardt en deux mille vingt-deux.
00:13:21: Bon je vais pas toutes les cités il y en a plein d'autres.
00:13:23: et alors attends ça sert à ne pas la date
00:13:25: parce que...
00:13:26: Comme Léa est une femme brillante !
00:13:28: Elle est aussi diplômée en philosophie ?
00:13:30: Ah bah oui !
00:13:31: Docteur
00:13:31: en Myzécologie ?
00:13:32: Ah ben d'accord
00:13:33: !
00:13:33: Et elle notamment beaucoup travaille sur Duke Ellington.
00:13:36: Et je pense qu'on va utiliser ce savoir et certainement que j'imagine que la figure de Duke Ellington va revenir.
00:13:41: Flor, toi tu connais bien Duke Eellington ?
00:13:44: Enfin ou c'est en trois âges s'il te parle !
00:13:47: J'ai pas fait de thèses autour du Duke Eington donc moi je me contenterais d'à qui essayer de regarder
00:13:52: avec amélioration.
00:13:54: Est-ce que c'était un personnage et une musique qui touche l'œuvre de Duke ellington?
00:13:58: ?
00:13:58: Oui bien sûr.
00:13:58: bah ça fait partie des figures un peu incontournables du jazz.
00:14:02: donc oui bien sûr mais moi je m'suis plus intéressée aux figures de femmes dernières années en priorité, mais évidemment ça fait partie des grands.
00:14:10: Donc là t'es docteur en Duke Ellington ?
00:14:14: Si vous avez mal au foie du Duke je pourrais peut-être avoir un médicament.
00:14:20: Ça fait joli sur une carte de visite.
00:14:24: Bon on l'a compris vous êtes toutes les deux grandes amoureuses du jazz Et puis aussi de sa dimension, justement politique.
00:14:31: Ça va être vraiment l'un des points centraux de cette émission... La politique
00:14:35: dans la musique,
00:14:35: Salman ?
00:14:36: Ouais !
00:14:36: Et comme quoi ?
00:14:38: Tout est quoi
00:14:38: ?!
00:14:38: Politique d'Azalon !
00:14:40: Pas du tout !
00:14:40: Pas de politique dans ma musique, s'il vous plaît !
00:14:42: Mais tu sais quoi.
00:14:43: par contre avant qu'on parle de ça j'en profite pour remercier quand même Laurent de Wilde.
00:14:46: Grâce à qui on a rencontré Leila et grâce à qui il s'a pu se faire cette émission.
00:14:50: La connexion
00:14:51: se fonde en tant
00:14:51: que... Exactement bien sûr !
00:14:53: Bon Flore, Leila peut-être Flore d'ailleurs on peut commencer avec toi.
00:14:57: Est ce que tu te souviens du moment?
00:15:00: ou dans la musique jazz, il y a un artiste, quelqu'un qui t'a marqué.
00:15:05: Non pas seulement pour sa musique parce que j'imagine qu'il y a plein de morceaux ou pleins de trucs que tu aimais déjà mais où tu t'es dit purée ce qu'un quain de cette personne ?
00:15:11: Sa vie éventuellement ?
00:15:12: Ou est-ce qu'elle a pu dire ?
00:15:14: Là, il ya un truc qui se passe et qui me touche, tu vois.
00:15:16: Est-ce que tu as eu un moment dans ta vie comme ça ou une première figure qui avait été hyper importante ?
00:15:21: Outre les petits loups du jazz, parce que vraiment... En plus c'est marrant.
00:15:26: C'est la première fois que ça me frappe à ce point-là qu'en fait mon premier lien avec le jazz?
00:15:32: je dis souvent que c'était Chad Baker mais en fait pas du tout.
00:15:34: c'étaient les petits Loups Du Jazz !
00:15:37: Non mais ça paraît faux.
00:15:37: Mais tu vois, il y a plein de standards que je connais depuis... Je connais Parker depuis l'enfance.
00:15:42: Bon avec des paroles en français qu'ont été inventées par les enfants.
00:15:45: Mais
00:15:46: voilà j'ai perdu mes chaussettes.
00:15:47: J'ai perdu mes lunettes.
00:15:50: Mais finalement ça m'a déjà imprégné et je connais toutes ces mélodies Parker grâce au Tilo du Jazz.
00:15:56: donc franchement ce serait peut-être la première incursion du jazz dans ma vie mais sinon peut être la première figure marquante.
00:16:05: alors
00:16:05: Bon,
00:16:06: malheureusement c'est un homme mais c'était Chad Baker je pense quand j'avais à peu près quinze ans.
00:16:11: Et c'et vraiment ça va façon Chad Baker en tant que chanteur qui m'a vraiment beaucoup marqué parce que surtout moi je pense que c'étaient les années deux mille et c'étais une période où en termes de voix pas dans le jazz mais plutôt en général on était plutôt... C'était une grosse période pour les chanteuses à voix.
00:16:29: Les chanteurs et chanteuse à voix avec beaucoup de voix très forte, très poussée
00:16:33: et puissante.
00:16:35: C'était vraiment la mode à ce moment-là.
00:16:36: Et je pense que le hasard a fait que j'ai découvert Chad Baker à ce point là parce qu'on s'est changé beaucoup.
00:16:41: nos iPods à cette époque... Je sais pas si vous vous rappelez cette époques mais on mettait des albums sur les iPod de nos amis et j'avais un ami qui m'avait mis l'album de Chad Baker Sings.
00:16:53: et voilà je me rappelle de cette version de Put Not For Me je sais pas, très transpercée parce qu'il a cette voix un peu... voilà sur un fil.
00:17:04: Cette espèce de douceur et en même temps de virtuosité.
00:17:09: Et en plus ce qui est assez fou c'est que j'ai appris bien le plus tard que l'enregistrement du disque avait été assez chaotique et très difficile pour lui et que le producteur du disques avait même songé à abandonner.
00:17:22: soit dix ans Chat y chantait faux, il n'avait pas de souffle.
00:17:27: Il n'arrivait pas à tenir les notes parce qu'il n'était pas habitué a chanter etc.
00:17:30: alors que cet album est justement une fragilité et donc d'une beauté absolue.
00:17:37: Et je pense c'est la première figure qui m'a vraiment...
00:17:42: Y a un morceau sur cet album Encore aujourd'hui tu retiens un morceau spécifique qu'on pourrait... Un extrait dans ton
00:17:48: poisson ?
00:17:48: Ouais, « But not for me » vraiment.
00:17:50: Je pense que j'sais pas avec quelque chose dans son interprétation de ce morceaux qui m'a toujours beaucoup touché.
00:17:58: et puis même le solo.
00:17:59: Enfin je connais son solo par coeur aussi dessus.
00:18:03: J'adore
00:18:03: !
00:18:04: On s'écoute un petit extrait pour qu'il y ait une discussion
00:18:06: balance.
00:18:47: C'est marrant,
00:19:20: est-ce que... Parce que tu sais, il y a parfois... Ça arrive souvent à l'adolescence.
00:19:24: Tu sais ce truc-là ?
00:19:24: Il y a une espèce d'obsession autour de ton artiste du neuve.
00:19:28: et puis on commence justement à fouiller un peu... C'est pas seulement écouter sa musique mais elle commence à fouillir sa vie.
00:19:32: c'est justement ça.
00:19:32: C'était pour ça qu'tu as dit au Stitchette Baker la question portait sur cette idée qui incarne quelque chose, enfin une première figure marquante.
00:19:38: Est-ce que ça t'a amené à t'intéresser à sa vie par exemple?
00:19:42: Oui, je me suis intéressée à sa vie mais j'ai quand même découvert assez vite que ce n'était pas quelqu'un de très fréquentable pour le coup.
00:19:51: Ce qui est quand même le cas pour beaucoup de Jasmine, on ne va pas se voiler la face... Mais je pense que c'est peut-être ça qui m'a poussé à me passionner et à devenir même Casim Odomaniak d'un autre Jasmine qui s'appelle Nat King Cole et qui pour le coût lui a vraiment été mon obsession pendant
00:20:09: beaucoup,
00:20:09: beaucoup d'années.
00:20:11: Et ce qui a fait que sur le disque j'ai sorti par exemple il y a des morceaux, deux morceau notamment assez obscur qu'on juste était chanté par Anakin Cold dans les années trente parce que je suis devenu vraiment fan hardcore et pour le coup en plus d'un artiste qui a vraiment été... avait l'air d'être quand même vraiment un type bien, contrairement à beaucoup d'autres.
00:20:36: Et Nat King Cole qui a eu une carrière en plus de Crewner dont on connaît beaucoup sa carrière de Crewler mais pas tant sa période trio qu'elle est les années trente et que c'est une période très prolifique Et en plus extrêmement intéressante, en termes de son, en terme de groove, de jeu d'écriture.
00:20:51: Enfin c'est vraiment... C'est un artiste dont on ne connaît pas trop cette facette et un pianiste aussi extraordinaire.
00:20:59: Là je pense que tu confères qui a inspiré beaucoup des plus grands.
00:21:03: donc ouais c'était Mon obsession a très vite dévié de chez Baker.
00:21:09: J'adore toujours chez Baker, mais bon je pense que c'est... Il y a plein de choses qu'elle n'est pas trop aussi chez cette personne.
00:21:14: C'est avec le jazz?
00:21:15: ou est-ce que c'tait aussi valable pour d'autres musiques que tu pouvais écouter ?
00:21:18: Parce que j'dis que c'sai aussi plein d'autre trucs !
00:21:20: T'es passé de ce truc, c'est plus que la musique.
00:21:23: Ce n'est pas juste des morceaux qu'on écoute sur un disc,
00:21:25: etc.,
00:21:26: mais aussi des vies autour de la symbolique, des communautés et une histoire éventuellement un patrimoine à travers le jazz ?
00:21:34: Cette dimension de la musique est venue naturellement... C'est un truc qui t'a vite intéressé ou pas forcément ?
00:21:40: Oui je pense parce que j'ai commencé à faire des concerts de jazz à l'adolescence sans avoir de formation en jazz.
00:21:49: Donc je pense que j'ai un peu compensé aussi en m'intéressant, en essayant de m'interresser à cette musique et à son histoire.
00:21:54: Plutôt que comme j'avais pas vraiment de bagages théoriques, je suis arrivée au conservateur de jazz quand j'étais vingt ans donc en fait... J'ai commencé à faire des concerts quand j´avais à peu près dix-sept ans dans le sud de la France parce que j´ai appris avec les musiciens de jazz qui étaient plus âgés qu moi.
00:22:09: Et donc je pense peut être que j''ai essayé de compenser cette absence technique disons avec voilà un espèce d'attrait pour l'histoire de cette musique.
00:22:19: Et donc quand je faisais des concerts et que je le fais encore beaucoup aujourd'hui, j'aime bien raconter toutes les histoires qu'il y a autour des morceaux de leurs auteurs, risques, compositeuristes parce que c'est une musique qui est chargée d'histoires.
00:22:30: et il y a souvent des histoires absolument extraordinaires et parfois aussi assez rocambolesques, parfois drôles, parfois extrêmement tristes et tragiques.
00:22:39: Donc je pense que c''est aussi pour ça que je me suis vraiment passionnée pour l´Histoire du Jazz.
00:22:46: Il y a eu dans ton parcours des figures comme ça qui n'ont pas seulement pour leur musique, mais vraiment cette idée qu'elles peuvent incarner quelque chose et ça t'a donné envie d'intéresser à leurs vies.
00:23:02: Il
00:23:04: y avait une figure très marquante qui a traversé ma vie quand j'avais trois ou quatre ans c'est Nina Simone.
00:23:14: Déjà si tôt, t'as les
00:23:15: trois ou quatre
00:23:16: ans.
00:23:16: Oui parce qu'en fait ma mère était très amie avec Nina Simon au début des
00:23:21: années quatre-vingt
00:23:23: et en fait elle se sont rencontrées d'abord à... enfin ce qui les a mises sur le même chemin c'est parce que elles aimaient toutes les deux le jazz musicienne.
00:23:35: Elle travaillait dans le cinéma, mais elle était vraiment une grande-grande fan de jazz et une grande fan de Nina Simone.
00:23:41: Et en plus c'était quelqu'un très militant politiquement et donc elle est tombée complètement amoureuse du personnage de Nina Simon.
00:23:49: Elles se sont rencontrées comme ça à Paris et a tel point qu'elles sont devenues amis.
00:23:55: Finalement Nina Simon est venue habiter chez moi pendant deux semaines quand j'étais toute petite Et avoir Nina Simone dans son salon, c'est quand même un événement
00:24:10: fort.
00:24:13: Je ne savais pas encore... je connaissais pas très bien le jazz
00:24:18: etc.,
00:24:18: même si c'était très musical chez moi il y avait toujours beaucoup d'artistes qui venaient et donc avec ma mère j'étais vraiment bi-bronée à Cold Train Miles Davis Charlie Parker la musique de La Nouvelle Orléans Et donc Nina Simone et le tango.
00:24:33: C'est cette espèce de grand mélange, enfin le tangos de Piazzolla en particulier.
00:24:38: Ce grand mélanger a fait que finalement Le Jazz a grandi dans mes oreilles et mon univers de façon assez naturelle.
00:24:48: Et après mon grand coups-de-coeur musical, le premier grand bouleversement que j'ai ressenti quand j'étais adolescente c'était John Coltrane.
00:24:59: Et en fait, la spiritualité et la puissance qui se dégageait de son quartet avec McCoy-Thainard en particulier m'ont vraiment bouleversé.
00:25:09: J'étais une inconditionnelle de cet artiste donc je suis allée acheter tous ces disques à La Fnac.
00:25:16: Voilà j'ai été devenu un peu geek de Coltrane.
00:25:19: Il y
00:25:20: a un morceau ?
00:25:21: Ouais !
00:25:21: Un extrait
00:25:22: !
00:25:22: Alors il ya un morseau que j'adore c'est Crescent qui est un morceau vraiment ecstatique, qui m'a vachement marqué que j'aime beaucoup écouter encore aujourd'hui.
00:25:34: Et bien on s'écoute en extrait.
00:25:35: alors
00:25:36: !
00:25:36: Allez !
00:27:17: Comment tu fais pour partager ça avec quelqu'un ?
00:27:19: On lui filerait une oreillette et il entend rien... C'est
00:27:20: vrai qu'elle a batteri toute à gauche !
00:27:24: Le sac à gauche et la section rythmique à droite.
00:27:28: Ah oui, moi je l'ai à gauche la section rythmique à droite.
00:27:31: En tout cas c'est très stéréo, vraiment très à gauche.
00:27:33: Comment
00:27:33: tu partages ça dans le bus
00:27:35: pour aller à
00:27:36: l'école ?
00:27:37: Tu prends ton ghetto blaster...
00:27:40: On
00:27:40: est tous d'accord
00:27:41: !
00:27:42: Coltrane sur le ghetto blasters et ça peut donner
00:27:45: un truc.
00:27:46: Ah oui j'ai fait ça.
00:27:47: C'est vrai?
00:27:48: Tu partageais ta musique dans la rue comme ça ?
00:27:50: Pour tout vous dire en fait ma mère est décédée quand j'avais dix-sept ans Et on a fait une procession musicale.
00:27:59: Donc c'était au père la chaise.
00:28:01: Et ça, c'est un des premiers morceaux que j'ai mis et on portait vraiment la musique sur le ghetto Blaster et
00:28:05: en marchaient avec.
00:28:06: C'était vraiment un moment incroyable.
00:28:10: Oui
00:28:12: mais comment ?
00:28:13: Parce que le jazz...
00:28:14: Oui !
00:28:15: Musique exigeante.
00:28:17: Musique technique.
00:28:19: Comment ?
00:28:20: Effectivement, si t'as Nina Simone qui habite chez toi, j'imagine qu'il y a quand même une part de l'entrée.
00:28:24: À l'adolescence vous étiez en décalage peut-être avec les gens de votre âge pas forcément versé dans la même….
00:28:31: Comment ça se passe ?
00:28:32: Comment on le vit, ça.
00:28:33: Je suis toujours en décalage je pense !
00:28:36: Je vis en perpétuelle décalages mais de temps en temps il y a quelques bribes du monde
00:28:43: qui arrivent
00:28:46: jusqu'à moi.
00:28:47: mais c'est vrai que j'ai eu une éducation musical assez particulière et que je me suis, en fait j'avais envie quand même de partager des music-pops que mes amis aimaient bien.
00:28:58: donc de temps en temps j'allais prendre un album des Beatles.
00:29:02: J'ai même écouté Metallica.
00:29:05: Bon voilà quelques artistes comme ça qui arrivaient jusqu à moi.
00:29:09: mais deux façons général.
00:29:10: Je n'avais pas forcément les mêmes références que tout le monde mais c'est pas un problème parce Comme disait Duke Ellington, il n'y a pas vraiment de problème de style.
00:29:20: Il y a la bonne et la mauvaise musique qui est pour moi des super trucs de rap, des super truc dans plein de styles qui existent.
00:29:27: même si moi effectivement j'ai passé beaucoup plus de temps à écouter du jazz qu'autre chose J'arrive à apprécier quand même de bonnes musiques qui sont ailleurs.
00:29:36: par exemple j'adore la musique en Dostanie, dans du Nord, j' adore la salsa cubaine.
00:29:42: Voilà, donc après je pense qu'il y a une certaine sensibilité qui se construit.
00:29:46: Donc j'ai une sensibilite harmonique assez forte.
00:29:49: Je sais que les inflexions harmoniques de certaines musiques qui ne sont même pas du jazz parfois peuvent vraiment me toucher et donc ça se passe ailleurs que juste au niveau du style.
00:30:00: D'accord.
00:30:01: Et toi Flore ?
00:30:04: Moi je me suis, je pense, sentie un peu en décalage quand j'étais ado.
00:30:08: Mais mais en fait quand jai commencé à faire du jazz c'était avec des musiciens un peu plus âgés qui avaient dix-quinze ans de plus que moi.
00:30:15: C'est toujours les mêmes avec qui je joue aujourd'hui d'ailleurs.
00:30:17: J'ai jamais arrêté de jouer avec eux.
00:30:18: donc ça fait seize ans qu'on joue ensemble.
00:30:22: et donc en fait j'ai plutôt senti que c'est un moyen de connecter avec eux à ce moment là, enfin dans le sens où je sais que j'avais mon petit monde du jazz avec eux.
00:30:33: et puis après j'écoutais aussi des choses plus modernes entre guillemets.
00:30:39: Et moi j'étais très fan d'ébitles par exemple aussi ce qui était pas forcément hyper actuel dans les années deux mille.
00:30:45: Et puis même tu vois quand j'ai été dans l'impératrice pendant neuf ans, dans un club à Paris qui s'appelle Le Bais et Salé.
00:30:54: J'ai eu une résidence là-bas de deux mille quatorze à deux milles vingt-cinq, tous les deux mois.
00:30:59: donc en fait même quand j'étais vraiment dans la pop et où je faisais des concerts vraiment très équilibrés pop ou même je composait et j'écrivais vraiment dans La Pop, j'avais quand même encore un pieds dans le jazz jouer tout les deux months dans un petit club à paris Et donc je jouais ces vieux morceaux que j'adore et que j''écoute depuis que je suis adolescente.
00:31:21: Donc en fait, j'ai toujours senti que ça faisait un peu partie de toute la même chose.
00:31:24: Enfin, je n'ai jamais trop cindé.
00:31:26: Je pense qu'en même le jazz, ça m'a aussi grave... aider et inspirer en tant que compositrice dans la pop.
00:31:32: Je pense que j'ai composé tous les morceaux dans l'impératrice, en improvisant sur les instrumentaux que les musiciens du groupe faisaient.
00:31:41: donc je pense que mine d'orien tout ça m'a nourri.
00:31:44: Donc je dis ceci pas mon amour du jazz de toutes les autres musiques en fait.
00:31:52: Si on veut pour revenir à cette histoire un peu... Comment le jazz peut porter des idées, voire des combats ?
00:31:59: Est-ce que vous pensez qu'il y a une spécificité du jazz d'ailleurs dans sa dimension politique?
00:32:04: ou est ce qu'en fait c'est valable pour toutes les musiques ?
00:32:06: Ou est-ce qu'y a quand même une histoire particulière pour le jazz ?
00:32:09: Oui je pense que le jazz est une musique politique...
00:32:13: Plus que d'autres.
00:32:15: Alors plus que certaines peut être.
00:32:17: Pas toutes évidemment mais il ya plein de music qui sont politiques mais ça vrai que la façon dont s'est née dont ça a été produit et revendiqué par les musiciens afro-américains aux États-Unis, c'était clairement politique.
00:32:33: Après je pense qu'il faut distinguer même si les racines de cette musique sont donc très fortement et politiques et historiques et en fait enracinées dans l'histoire de l'esclavage de la traite négrière transatlantique et voilà de l''évolution de cette population en fait qui était beaucoup dans le sud des Etats-Unis et qui après au niveau de l'émancipation a commencé à migrer vers le nord, c'est là que j'asennais.
00:33:02: En tout cas on peut trouver des revendications comme ça assez claires chez certains artistes et en même temps il y a certaines prises d'opposition qui sont musicales et qui ne sont pas forcément revendicates trices ou revendicatives chez certains artistes.
00:33:25: Par exemple, je repense à Duke Ellington puisque c'est un sujet que j'aime particulièrement.
00:33:31: C'est quelqu'un... C'était une personne qui a été prolifique qui a vraiment créé pendant cinquante ans de façon ininterrompue en permanence de la musique, à qui on a un certain moment reproché ne pas prendre position politiquement alors qu'en fait c'était pas vrai.
00:33:46: Ça a été un des premiers à créer par exemple un show une comédie musicale qui s'appelle Jump for Joy en nineteen cent quarante et un, qui justement essayait de mettre à mal et de désinguer complètement le mythe de l'oncle Tom.
00:34:03: En donnant la parole aux États-Unis noirs donc aux afro-américains nous
00:34:10: rappellent juste ce mythe autour l'Oncle Tom.
00:34:13: C'est l'idée que le neigre est quelqu'un d'idiot qui est là juste pour amuser la galerie et servir les blancs.
00:34:25: Et en fait, lui dans Jump for Joy il porte vraiment et la fierté du peuple noir et un vrai discours qui est tenu par les noirs sur eux-mêmes et sur leurs propres histoires ce qu'il n'existait pas du tout à l'époque.
00:34:41: Et ensuite il a composé par exemple une autre comédie musicale qui s'appelle My People, qu'il a créée à l'occasion du centenaire de l'abolition d'esclavage aux États-Unis.
00:34:54: À Chicago et à l occasion duquel il a rencontré Martin Luther King.
00:34:58: et en fait il a en permanence tout au long de sa carrière de compositeur composés des oeuvres qui essayaient de faire passer un message comme par exemple la suite Black Brown and Beige qui l'a créé en nineteen-forte trois au Carnegie Hall.
00:35:14: Premier concert du Clinton au Carnegie hall, qui était le lieu vraiment super... mythique de la musique classique.
00:35:24: Et donc le fait qu'il y ait du jazz et un afro-américain comme ça qui compose de la music, il avait créé Black, Brown & Beige pour cette occasion là.
00:35:33: Ça racontait non pas l'histoire du peuple nord américain mais l'Histoire du regard portée sur le peuple nord-americain.
00:35:43: En fait ça commençait par black c'était le blues, l'esclavage... tout le côté vraiment d'arc, en fait de cette histoire.
00:35:52: Et puis progressivement ça allait vers la lumière et donc il y avait comme ça une espèce d'espoir très magnifique qui donnait à travers cet œuvre-là.
00:36:02: Donc je pense que Le Jazz porte de toute façon naturellement toutes ces revendications, des emancipations, d'égalités... ...et de fraternité aussi
00:36:15: Même si les artistes ne le revendiquent pas frontalement, c'est ça que tu veux dire.
00:36:18: Oui c'était ça !
00:36:19: C'est-à-dire qu'il n'y descendait pas dans la rue pour faire des manifs mais par contre dans sa musique et dans les mots qui passaient aussi à travers sa musique.
00:36:27: là il y avait clairement un discours très fort.
00:36:31: Flor, tu semblais acquessé de dire oui, il y a quand même une dimension politique peut être plus présente que d'autres esthétiques musicales ?
00:36:38: Tu vas dans le sens du laïla?
00:36:41: Oui, bien sûr.
00:36:42: Je pense que comme disait Leila par essence de toute façon c'est une musique qui porte une histoire tragique qui a été portée par des minorités donc évidemment dès l'origine du jazz ces politiques et ces politiques d'avoir joué cette musique et surtout quand on était noirs américains à cette période là notamment C'est à l'inverse, ça a aussi été difficile d'être une musique... de politiser le jazz dans le sens où je pense avoir exemple Anna Simone qui est un artiste qui a vraiment été très frontalement politisé notamment à travers sa musique et à travers ses textes et ses prises-de-parole et qui a vécu un enfer à cause de ça.
00:37:33: Parce
00:37:33: qu'on l'attaquait ?
00:37:34: Ah ben oui, on l'attaquait.
00:37:35: Enfin... Puis même il y a eu ce moment où elle a sorti émissé C.P.
00:37:39: Godem par exemple qui est un morceau donc qui fait référence au massacre perpétuée par le Ku Klux Klan en alabama.
00:37:49: C'est en soixante-trois, il me semble.
00:37:52: Dis moi si je me trompe là, mais je crois que c'est soixant trois, non ?
00:37:55: Et cette église bâtiste justement un cendier par le Cricusclant, et Mississippi Goddame qui est le morceau qui selon même Nina Simone enfin je la cite à « Le plus nuit » à sa carrière parce que c'est un morceaux politique extrêmement sombre.
00:38:14: Et à cause duquel elle a reçu des disques brisés par la poste, elle a été blacklistée partout.
00:38:22: C'est vraiment ça a entraîné aussi une vraie descente aux enfers pour elles.
00:38:27: donc je pense que c'était une musique qui était politique par essence et il y a certains artistes qui ont poussé en plus jusqu'à ajouter un message politique clair fort puissant courageux et ça a été très difficile pour ces artistes-là.
00:38:45: Daz, tu as peu cette image aussi quand tu t'intéresses au jazz.
00:38:49: Il faut s'intéresser un peu à l'histoire et que ça soit si préniant dans la musique.
00:38:53: Oui parce que c'est indissociable en fait.
00:38:58: Quand tu compares à de la musique pop qui est faite pour être vendue et consommée, le jazz il y a quand même une spiritualité.
00:39:05: Il y a un engagement politique.
00:39:08: Sachant qu'en plus... Donc Duke Ellington il est né quoi ?
00:39:11: À la toute fin
00:39:12: du... Voilà c'est
00:39:14: ça !
00:39:14: Donc ça veut dire que sa vie d'adulte c'était toujours l'Amérique ségrégationniste.
00:39:19: C'est pour ça qu'on parlait aussi beaucoup du fait que la France soit vue comme une terre d'accueil pour beaucoup de musiciens de jazz, qui ici pouvaient en fait s'exprimer alors qu'à bas ils étaient encore soumis à des lois qui les empêchaient d'avoir accès à certaines salles etc.
00:39:37: Donc tu reçois des gens, en France notamment, qui viennent jouer de la musique parce qu'en fait ils sont pas libres de le faire chez eux... Je veux dire, t'as rien de plus à dire que tu vois.
00:39:49: Évidemment que cette musique elle est... Enfin pour moi l'histoire du peuple afro-américain est complètement indissociable de la musique.
00:39:56: oui pardon.
00:39:57: Pardon, ça nous fait penser un petit détail d'ailleurs intéressant sur comment les musiciens afroméricains ne choisissaient pas leur public.
00:40:08: c'est qu'en fait aux États-Unis donc les groupes de musiques Afrodécendants comme Duke Ellington jouaient pour des publics de blanc très souvent et par exemple il a refusé d'aller faire une tournée dans le sud pendant très longtemps parce qu'en fait ils savaient que en descendant dans le Sud des États-Unis, il allait être confrontés à des incidents.
00:40:38: des comportements racistes vraiment violents.
00:40:41: et donc il a refusé pendant très longtemps de faire une tournée dans le sud.
00:40:43: Finalement, il a accepté de le faire à condition de ne pas avoir à dormir à l'hôtel et aller au restaurant etc, réserve nord parce que enfin c'était vraiment un enfer à ce moment là.
00:40:54: En fait ils avaient construit des rames, des wagons labellisés du Calintan Orchestra dans lesquels il dormait pendant toute la tournées.
00:41:03: Donc en fait, ils n'avaient pas besoin de... En fait, il ne sortait que pour aller faire le concert.
00:41:07: – Vous avez
00:41:07: besoin de se heurter à sa affrontée ?
00:41:08: – Exactement
00:41:09: !
00:41:09: À sa frontière et voilà.
00:41:11: Parfois ça pouvait même être dangereux, en fait.
00:41:13: Il y avait certains artistes noirs qui étaient trop bien habillés et qui se faisaient attaquer dans la rue.
00:41:19: Donc un truc de dingue….
00:41:21: Et donc finalement quand ils faisaient ces tournées-là Il acceptait donc de jouer devant des publics de blanc et il insistait pour qu'à chaque fois on organise en parallèle un concert, pour un public uniquement noir même si c'était pas spécialement rentable etc.
00:41:39: Mais en fait il avait envie de transmettre sa musique à tout le monde !
00:41:44: Et que du coup le public, même s'il fallait le faire en deux fois... général pouvait quand même recevoir sa musique et son message.
00:41:53: C'est
00:41:53: ça qui est fou.
00:41:53: en fait c'est quand on parle de cette musique, qu'on pense aux musiciens qui la faisaient mais le public.
00:42:02: J'suis un blanc d'alabama.
00:42:04: je vais voir un gars sur scène dont je sais très bien que s'il n'était pas musicien il aurait même pas le droit d'être dans le même espace que moi.
00:42:12: enfin ça m'en offre de me dire comment tu peux consommer ça Et après rentrer chez toi, et la vie continue.
00:42:19: Et puis tu as des restaurants réservés au blanc... C'est
00:42:23: assez intéressant parce que c'est vrai que cette musique porte dès le début aussi des défis, des problématiques qu'on retrouve même encore aujourd'hui d'ailleurs.
00:42:30: Tu apprends par exemple à question de l'appropriation culturelle ?
00:42:33: J'ai découvert en préparant cette émission que le premier enregistrement de l''histoire si j'ai bien compris jazz dans l'un de mes neuf cent dix-sept c'était fait par un groupe de blanc.
00:42:41: Oui !
00:42:41: Ce sont les originaux d'Excellent Jazz Band.
00:42:45: Et ça pose une vraie question parce que à la fois, je me dis vous connaissez certainement mieux que ça.
00:42:50: Mais ils ont marqué quand même l'histoire du jazz parce qu'elle a permis aussi de propager cette musique et toucher des publics etc... En même temps le leader de ce groupe, Nicolas Roca avait dit publiquement que ce qu'il faisait c'était une musique blanche !
00:43:04: Et se coupait de l'Histoire quand-même, tu vois ?
00:43:09: Je pense qu' il ne faut pas être trop maniqué dans cette histoire.
00:43:15: Pour de vrai, c'est pas une musique uniquement noire le jazz.
00:43:21: C'était joué aussi par des blancs.
00:43:23: les musiciens noir et blanc se connaissaient se fréquenter parfois jouer ensemble même s'ils avaient pas.
00:43:27: enfin voilà ils se connaissait.
00:43:32: Et en fait ça veut pas dire que la musique du groupe qui a enregistré en nineteen cent dix-sept était pas leur musique.
00:43:39: En tout cas pour moi, enfin c'est pas parce que l'histoire du peuple noir aux Etats-Unis a marqué cette musique.
00:43:52: C'était aussi leur musique.
00:43:54: Après ce qui s'est passé est qu'ils avaient parfois des couvertures médiatiques meilleur et au niveau financier des engagements qui étaient meilleurs etc.
00:44:07: Et donc à ce niveau-là, oui il y a eu certainement des tensions mais on peut pas dire que c'est de la propres... création culturelle en tout cas ?
00:44:13: En
00:44:13: fait, c'est justement pour ça que la question de la propriétisation culturelle est complexe.
00:44:17: C'est-à-dire que ce n'est jamais dire tu n'as pas le droit d'intéresser à cet art ou de le pratiquer etc... C'était dans quelle mesure tu le fais?
00:44:23: Est-ce que ça invisibilise les autres quels discours tu portes et ce que tu fais appel à l'histoire, à ceux qui t'ont inspiré ?
00:44:30: Tu véhicules quand même cette idée justement de partage plutôt que juste uniquement toi faire cette musique tienne quoi sans sans être en lien avec aussi une histoire.
00:44:38: Mais après,
00:44:39: il faut faire attention à comment on dit les choses parce que là, ta façon de le présenter c'est comme si jazz existait et qu'il se mette à le jouer.
00:44:47: Non !
00:44:47: En fait ils ont participé à la création de cette idiome aussi.
00:44:50: Donc voilà.
00:44:51: Après ce qui faut voir, c'était des implications économiques et effectivement le marché de la musique tout un truc qui interfère.
00:45:06: Mais en fait ils ont participé aussi à l'idiome de cette musique, il y a plein de musiciens états-unis en blancs qui sont géniaux et qui ont participés... voilà donc je suis d'accord avec toi mais c'est un sujet délicat.
00:45:18: en tous cas faut prendre le temps et dans cette émission ça est génial parce que justement on peut prendre le time d'aller au fond des choses.
00:45:23: Ce qui
00:45:24: est intéressant c'était justement comment ça s'inscrit dans un continuum de consommation de l'art.
00:45:32: Et c'est la même chose avec Elvis Presley où en fait il matine sa musique de blues et puis d'un seul coup tout le monde adore, tu vois.
00:45:37: Alors que le blues était là et que ça avait peut-être moins une presse... ...et ça continue encore aujourd'hui.
00:45:41: —
00:45:42: Et que c'était une femme noire qui a inventé le rock and roll ?
00:45:44: —
00:45:44: En plus,
00:45:45: tu vas voir.
00:45:46: C'est ça, le truc, en fait, c' est qu'eux ils le rendent marqués table.
00:45:50: Quand je dis eux, ce sont les gens qui sont en fait avec les puissants de l'époque.
00:45:55: Effectivement ces artistes blancs peuvent effectivement avoir un amour authentique et véritable pour la musique en question, et l'affaire vraiment de bon cœur.
00:46:05: Mais qui sont quand même avantagés par un système qui va eux les mettre en avant, quand bien même il sera arrivé après d'autres...
00:46:11: Oui parce que c'est un système capitaliste !
00:46:13: Et le jazz était quand même la musique pop de l'époque.
00:46:17: donc c'était sûr qu'il y avait tous les gens qui avaient l'argent et qui finançaient Les têtes d'affiche, c'était des blancs.
00:46:26: Et je pense par exemple aussi aux émissions de télévision qui étaient très importantes à l'époque, aux émission radio d'abord et puis après de télévisions... Par exemple Nat King Cole qui était un des premiers Noirs américains a voir son show télévisé en son nom et qui a dû s'arrêter oubidamente parce qu'en fait c'étaient les sponsors qui faisaient vivre ces émisions de télé et apparemment ils essayaient même de changer les éclairages pour essayer de le rendre plus blanc à l'mage parce que il y avait plus de sponsor qui voulait financer l'émission.
00:46:54: et ça s'est arrêté au bout d'un moment, parce qu'en plus il invitait évidemment beaucoup d'artistes noirs américains dans son show.
00:47:01: Et c'était le cas aussi pour plein d'autres musiciens noirs de l'époque.
00:47:05: donc oui effectivement le problème ce n'est pas tant de... enfin la propriation culturelle c'est évidemment un problème.
00:47:11: mais y a aussi cette idée du qui avait l'argent et donc qui finançaient quoi ?
00:47:17: C'est vrai que l'invisibilisation elle passe aussi par le manque d'enregistrement Parce que faire des enregistrements ça coûtait aussi de l'argent.
00:47:25: Et tu disais tout à l'heure qu'il y avait des artistes si noirs qui allaient en Europe, en France et en Europe parce que... Ça fait bizarre de dire ça aujourd'hui mais en Europe on accueillit mieux les personnes noires à cette époque.
00:47:40: Mais ça a aussi participé à l''invisibilisation de beaucoup d'artistes parce que t'avais des artistes qui étaient constamment sur la route, notamment en Europe au lieu de se retrouver en session et donc en enregistrement ou alors en résidence dans les grandes salles aux États-Unis.
00:47:54: Et donc dont on a peu de traces.
00:47:56: je pense à une trompétiste qui s'appelle Valais De Snow par exemple qui en fait était très reconnue à l'époque comme une très grande trompettiste qu'a fait beaucoup tourner mais notamment en Europa et qui donc en fait à très peu d'enregistrements.
00:48:10: il y a très peu de trace aujourd'hui de son œuvre.
00:48:16: Et ce qu'il y a des histoires, j'ai envie de dire qui pour vous résonnent particulièrement peut-être personnellement je sais pas justement d'artistes jazz ?
00:48:26: Pas forcément les plus connus c'est vraiment quelque chose qui touche vous, qui ont mené à un moment un combat ou incarner quelque chose et vous dites on n'en parle pas assez.
00:48:33: peut être qu'on peut l'évoquer là ou être sur le micro je ne sais pas.
00:48:36: Alors moi ces derniers temps je me suis beaucoup intéressée la figure de Marie Lou Williams qui est une superbe pianiste de jazz nord-américaine.
00:48:47: Elle est née en麓inf cent dix, donc elle a traversé toute l'histoire du jazz et j'ai découvert son œuvre ces dernières années que je trouve vraiment monumentale.
00:48:57: Elle a commencé à jouer à l'âge de six ans.
00:49:00: Elle avait commencé à gagner sa vie largement au âge de treize ans en faisant des concerts Ouais, ouais.
00:49:07: Elle était vraiment prodige, enfin virtuose et ce qui est intéressant par rapport à son éducation c'est que sa mère était pianiste.
00:49:15: elle était organiste à l'église et en fait sa mère ne voulait pas qu'elle prenne des cours de piano, des cours du musique parce qu'il avait peur que ça inhibe ses dons pour l'improvisation.
00:49:27: donc en fait elle a dû... Marie-Louis Williams faisait toute oreille, elle avait l'oreille absolue, elle reproduisait instantanément tout ce qu'elles voulaient et elle a dû apprendre elle-même le seul fèche faire l'effort, etc.
00:49:40: pour pouvoir apprendre l'écriture, enfin transmettre et composer parce qu'en fait c'est devenu aussi une très grande compositrice et je me suis beaucoup intéressée à son parcours en tant que musicienne.
00:49:53: franchement pas très... enfin, reconnue vraiment pas à sa juste valeur et elle n'a pas eu la carrière qu'elle aurait dû avoir parce que c'était la marraine par exemple de Bud Powell et Télenus Monck.
00:50:04: En fait ils allaient tout le temps chez elles à New York après leur soirée au Minntons ou dans les clubs de New York.
00:50:14: Et en fait elle a vraiment été toujours à la pointe du jazz en fait tout au long de son histoire.
00:50:21: Et un moment donné elle est venue d'ailleurs en Europe dans les années cinquante, et elle était très déçue du peu d'engagement qu'elle a trouvé à Londres et à Paris.
00:50:31: Et à ce moment-là en fait, elle était vraiment découragée par ce manque de visibilité, en gros des problèmes de carrière.
00:50:41: donc elle a décidé d'arrêter la musique.
00:50:43: C'est quand même assez violent pour quelqu'un comme ça !
00:50:46: Et pendant trois ans, elle n'a pas du tout touché un piano... ...et elle s'est convertie au catholicisme.
00:50:52: Elle est revenue aux États-Unis, elle s'est convertie au catholicisme et là, elle a commencé à servir.
00:50:57: Elle a créé d'ailleurs une fondation qui s'appelait Belcanto pour aider les musiciens de jazz qui avaient des problèmes d'addiction parce qu'elle avait connu beaucoup ça autour d'elles en fait.
00:51:09: Et puis un jour c'est un prêtre qui lui a dit... En fait, c'est vraiment dommage Marie-Lou que tu arrêtes la musique et que tu fasses pas de musique parce que c'était ta meilleure manière de servir Dieu en fait.
00:51:20: C'est ce que tu fais de mieux sur terre.
00:51:21: donc tu devrais vraiment revenir à la musique.
00:51:25: Et donc elle a commencé à composer des messes jazz.
00:51:27: Elle a composé notamment une oeuvre sublime qui s'appelle Black Christ of the Anders avec un morceau qui s'sappelle Saint Martin Paris, qui est en fait la première personne qui a été canonisée et qui était noire.
00:51:49: et qui venait d'Amérique latine, c'est pour ça que s'appelle Black Race of the Andes.
00:51:54: Et cette œuvre-là donc est une oeuvre chorale et vraiment bouleversante.
00:51:58: et puis elle a écrit d'autres œuvres par la suite.
00:52:00: Elle est revenue comme un petit peu au jazz et finalement elle a tourné un petit peut mais elle a vraiment vécu les difficultés d'être une femme.
00:52:10: on pourra y revenir si vous voulez.
00:52:12: j'ai d'autre histoires encore
00:52:14: Mais ça c'est intéressant, évidemment sur la présence des femmes aussi dans cette musique.
00:52:18: Est-ce que ça a été un combat pour de nombreuses femmes ?
00:52:20: De s'imposer au silence milieu ou est ce que dès l'origine c'était un milieu relativement mixte ?
00:52:24: Comment ça s'est passé dans l'histoire du jazz ?
00:52:27: Tu connais un peu sa flore ?
00:52:29: Je ne saurais pas vraiment dire si dès le départ c'étaient mixtes mais je n'ai pas l'impression.
00:52:39: Dès l' origine c'étais un milieu où il n'y avait pas beaucoup pour les femmes hormis au champ.
00:52:47: Et encore, je pense que... Les chanteuses aujourd'hui sont majoritaires dans le jazz mais... Je
00:52:54: sais toujours être comme ça.
00:52:56: Ouais j'ai pas les chiffres des débuts du jazz là, j'avoue.
00:52:59: Parce qu'il y a la dimension.
00:53:01: évidemment tant qu'afrodéscendant Cette société est raciste, c'est difficile.
00:53:04: Mais alors si on rajoute que le fait est une femme ?
00:53:07: C'est
00:53:07: pas facile.
00:53:08: Ou alors si vous voulez je peux revenir à l'histoire de Marie-Lou Williams.
00:53:11: En fait elle a joué dans un... Dans Le groupe d'Andy Kirk qui s'appelait Twelve Clouds of Joy.
00:53:20: Et en fait, il y a un soir où elle remplaçait le pianiste titulaire parce que parfois le pianist n'était pas là pour je ne sais pas quelle raison et comme elles jouaient très bien ils l'appelaient pour remplacer le pianistes.
00:53:32: Un soir, il ya un producteur qui venait de Chicago qui était dans la salle qui a trouvé le groupe vraiment fabuleux génial.
00:53:39: Ok super !
00:53:40: Il faut absolument que vous venez tous à Chicago pour enregistrer dans mon studio.
00:53:47: Et bien évidemment, le groupe s'organise et se disent qu'on ne va pas prendre Marie de Williams.
00:53:52: C'est une femme.
00:53:53: Ce n'est pas très pratique.
00:53:55: On va prendre le pianiste titulaire.
00:53:58: En fait ils sont arrivés à Chicago et là... Le producteur c'était tout un long trajet en train.
00:54:08: Et là le producteur a dit qu'il y avait un problème.
00:54:12: Elle est où la pianiste ?
00:54:13: Moi je veux Marie-Lou Williams.
00:54:14: Elle est
00:54:15: trop forte !
00:54:17: Donc c'était la panique à bord, il l'a appelé en catastrophe « Allô Marie-Loup ?
00:54:21: Il faut absolument que tu nous rejoignes ».
00:54:25: En été en plus de l'année, elle a pris le train pour les rejoindre.
00:54:33: Elle était contente d'être appelée mais en même temps voyager toute seule compliqué.
00:54:38: et donc elle a appris un train de nuit et ça s'est très mal passé parce qu'elle est tombée sur un contrôleur, mal intentionné, criminel qui l'a violé pendant le trajet en train.
00:54:50: Et donc elle a arrivé quand même à Chicago, elle a enregistré avec Le Groupe
00:54:55: etc.,
00:54:55: mais vraiment elle a payé cher... cette histoire.
00:55:00: et en fait ce serait pas arrivé si s'ils avaient emmené Marie-Louis Williams directement dès le départ voilà.
00:55:06: Et à la suite de ça, elle a composé un morceau qu'elle a enregistré en piano solo pour raconter cette histoire qui s'appelle Night Life.
00:55:14: et voilà qu'à l'inregistreur in the year of thirty qui est assez émouvant surtout quand on connaît les circonstances de composition.
00:55:24: Voilà donc dès le des situations tragiques, mais comment dire elle était quand même hyper respectée.
00:55:35: Enfin je veux dire en tant que pianiste tout le monde l'adorait, tous les musiciens l'appréciaient énormément à chaque fois qu'on réunissait les plus grands pianistes de jazz, elle était là et donc... En fait ces dernières années c'est étonnant mais particulièrement en France on est en train de réhabiliter Marie-Louiliam.
00:55:55: s'il y a notamment Pierre-Antoine Badarou qui a enregistré deux albums avec son orcasque consacrée à la musique de Marie Lou.
00:56:03: Moi aussi je travaille pas mal sur elle, sur sa musique et j'ai fait un arrangement de Scorpio qui est un mouvement de La Zodiac Suite que j'est transformé dans petit concerto pour saxophone-bariton.
00:56:15: Et donc voilà je pense qu'il y a eu un retour en ce moment sur les grandes figures du jazz comme ça qui sont importantes.
00:56:24: Ouais on peut essayer d'écouter un extrait de Nightlife.
00:56:26: Ça
00:56:26: peut être pas mal comme si on écoute Marie de Williams.
00:57:57: Flor, on parlait de la présence des femmes dans cette musique.
00:58:01: Est-ce que ça a été facile pour toi de conjuguer à la fois tes convictions fortes féministes ?
00:58:06: Et cet amour pour cette musique?
00:58:07: t'as réussi comme ça à mêler les deux et trouver du sens, à mettre en avant cette musique et en même temps tes valeurs féministe ?
00:58:16: Je vois ce que tu veux dire
00:58:16: dans le sens où... C'était une construction, ça a été...
00:58:19: Parfois il y a du paradoxe comme je disais tout à l'heure ou quand j'ai appris que Chet Baker en fait était pas vraiment un type recommandable.
00:58:29: J'sais plus quel jazzman disait que le jazz c'était mes musiques qui présentaient... enfin c'est comme un mec qu'on ne présenterait pas à sa fille ou un truc comme ça.
00:58:35: Je crois qu'il expliquait ça parce que Il y a beaucoup de toxicité aussi dans cette musique, en plus évidemment du racisme.
00:58:48: Il y'a beaucoup d'histoires horribles dans le jazz mais effectivement quand on se penche un peu sur la place des femmes dans cette music, on s'aperçoit qu'il y a aussi des femmes qui ont produit de la musique extraordinaire encore moins connue même que Marélo Williams qui heureusement voilà aujourd'hui est un peu redécouverte, revalorisé.
00:59:09: Et il y a beaucoup de femmes par exemple qui ont parfois fait très peu d'enregistrement ou parfois sorti un seul album parce qu aussi c'est la réalité d'une époque où économiquement les femmes au bout d'un moment elles avaient des enfants et elle devait avoir un travail.
00:59:26: enfin en tout cas elle pouvait pas se consacrer à une carrière de jazz.
00:59:30: ce que les hommes étaient plus... avait plus de facilité à faire.
00:59:35: Je pense avec une pianiste que j'adore, que je découvre il y a pas longtemps qui s'appelle Terry Bollard et qui a eu une carrière assez éclaire et qui produit un seul disque magnifique ou une autre pianiste qui s´appelle Yuta Hip.
00:59:52: Et là, qu'est une pianiste allemande pour le coup qui est arrivée aux États-Unis après la guerre et qui a eu une carrière pareille très courte.
01:00:00: Elle a fait un album avec Zoot Sims notamment qui est magnifique et elle a sorti très peu de musique.
01:00:06: et en fait après finalement elle a très vite été mis au placard Et c'est des années plus tard.
01:00:13: quand il y a, je crois que c'était genre trente ans plus tard alors qu'elle était assez âgée.
01:00:17: Je ne sais plus quelle label... Bah j'crois que c''est Blue Note parce que ce sont les premières artistes européennes, femmes européennes à être signées chez Blue Note qui lui ont amené un chèque de je ne sais pas combien de milliers dollars avec cet essai royalties quoi?
01:00:30: et ses voisins?
01:00:32: déjà?
01:00:32: ces voisins ont dit mais... Elle est pianiste, la voisine allemande.
01:00:37: Elle habite à New York à ce moment-là et en fait voilà elle est morte complètement oubliée sans avoir jamais rien sorti après.
01:00:45: Elle avait vraiment abandonné le piano, elle n'en jouait même plus il n'y avait pas de piano chez elle.
01:00:49: Donc c'est vraiment malheureusement il y a beaucoup de femmes qui ont eu des carrières comme ça très courtes donc qu'il faut aller les chercher, il faut aller revaloriser tous ces albums qui en plus sont magnifiques.
01:01:01: Alors, ce n'est pas forcément avec les figures les moins connues mais par exemple dans ton album I.E.Troix-en-trente tu mets aussi en avant des compositions de femmes.
01:01:09: je pense à Ella Fitzgerald Billiolidae du Noir Week.
01:01:15: Non c'était des interprètes.
01:01:16: Après
01:01:18: oui c'est leurs interprétations.
01:01:20: Mais non il y a très peu de compositrices dans mon disque et je ne suis pas fière.
01:01:25: Il y en a deux.
01:01:26: Il y a Barbara évidemment, mais il y a Margot Gurian aussi qui est une chanteuse autrice-compositrice qu'on connaît peu dans le jazz.
01:01:33: Déjà on connait peu dans la pop parce que c'était un peu une chantheuse culte des années soixante qui a fait un album et qui est tombé dans l'oubli et qui a été un peu redécouverte dans les années deux milles par un label japonais.
01:01:47: Mais en fait ça était aussi une jazz woman une très bonne pote de, enfin c'est une pote, elle était à l'école avec Don Cherries par exemple et Max Roach était son professeur.
01:01:59: Elle a écrit des livrets pour Max Roache et elle a écrit quelques standards, elle a écrite le standard les paroles pardon d'une mince... C'est quoi ce morceau déjà ?
01:02:09: Ça va moi venir !
01:02:12: Un morceaux d'Anette Coleman parce qu'elle est aussi très potée avec Anette Coleman.
01:02:15: L'Only Woman ?
01:02:15: Merci beaucoup !
01:02:16: Elle a écris les parles de l'Only Women et d'autres morceaus.
01:02:20: Elle a écrit des sondards chantés par Anand Cihara notamment aussi.
01:02:24: Et personne ne connaît vraiment son apport pour le jazz.
01:02:28: et elle a écrit ce morceau dans les années cinquante, très misondre que j'aime beaucoup qui s'appelle « More than standing on man » que je voulais mettre dans le disque aussi parce qu'il est génial et on me connait trop peu Margot Coréen.
01:02:41: Mais non, malheureusement je n'ai pas trouvé.
01:02:45: Alors maintenant depuis j'en ai trouvé mais à l'époque, voilà exactement.
01:02:49: À l' époque de ce disque tous les morceaux que j'avais rassemblés je me suis dit mince il y en a quand même pas beaucoup qui sont qui ont été composé par des femmes.
01:02:55: donc j'ai essayé d'en mettre déjà deux et l'idée c'est le plus possible que sur mes prochains disc qu'il y en ait plus parce que c'était important.
01:03:04: Par contre, ce que tu fais c'est par exemple parce qu'évidemment faire un album on ne le fait pas tout seul.
01:03:08: On a plein d'équipe autour de soi, on a des musiciens bien entendu, des interprètes et des instrumentistes etc.
01:03:12: mais aussi des ingénieurs du son, des graphices, des gens pour les vêtements ce genre de choses.
01:03:16: Lâcher qu'il y avait une volonté de ta part de t'entourer le plus possible de femmes.
01:03:20: Aussi parce que le trio, les trois musiciens avec qui je joue depuis seize ans sont trois hommes.
01:03:26: Donc évidemment l'idée c'était pas de les virer pour ce projet parce qu'il le porte avec moi depuis très longtemps mais l'idées c'étaient toutes les personnes additionnelles.
01:03:36: par contre que ce soit des femmes donc évidement les soufflantes.
01:03:41: On a eu quatre instrumentistes extraordinaires sur ce disque que je vais les nommer du coup parce qu'il faut Aurélie Troupère avec la haine, Jeanne Michel aux saxophones, Rosane Bésier qui a fait des arrangements aussi et qui joue du trombone sur le disque.
01:03:54: Et Julie Varley à la trompette.
01:03:55: Même au son c'était important pour moi aussi d'avoir des ingénieurs du son qui soient des femmes à la prise de son au mixage, aux mastering et aux mixatmos.
01:04:05: Ça c'était que des femmes extraordinaires, que sont Jennifer Gros, Marie-Pierre Zewnick et Benedikt Schmidt parce que ce sont aussi les postes qui sont traditionnellement occupés par des hommes.
01:04:17: Et ça change beaucoup de choses au son mais aussi à leur registrement... être dans un studio avec quasiment que des femmes,
01:04:27: ou en tout
01:04:27: cas une majorité de femmes.
01:04:28: Je ne sais pas si t'as déjà vécu ça à l'élan mais ça change tout vraiment.
01:04:33: Parce qu tu te sens plus en confiance tout simplement ?
01:04:36: Qu'est-ce qui crée en toi de dire « bah là je suis qu'avec des femmes
01:04:41: ».
01:04:43: Je pense que c'était descriptible.
01:04:45: mais le fait d'avoir Tu vois, de ne pas te faire mansplaner toutes les cinq minutes dans ton casque et que ce soit une femme qui te parle de technique.
01:04:53: C'est une femme qu'il place le micro, qui te dit ok on va tester ce micro-là comme ça ou qu'une femme fait des retours sur ta prise, ça va être vraiment différent.
01:05:05: Et c'est une sensation que je souhaite à plein d'instrumentistes, hommes comme femmes parce que ça change vraiment beaucoup de choses.
01:05:14: On peut s'écouter d'un extrait de ta version de More Understanding Than Amen.
01:05:18: Comme ça on écoute quand même l'extrait de l'album et apprends par là aussi du travail de Layla.
01:07:16: C'est sur cet album qui vient de sortir i-throix cent trente.
01:07:19: Toi Layla ?
01:07:21: Oui !
01:07:23: Ton dernier album en date, on est d'accord que c'est à African Rhapsody ?
01:07:25: Exactement.
01:07:27: C'est intéressant, un très bon exemple aussi !
01:07:29: Oui, on a le petit livret, on l'a le dit etc... Super !
01:07:34: Absolument, sur le travail de Leila On parlera d'ailleurs d'où on peut retrouver ton travail, c'était une démarche étonnante.
01:07:40: Mais ce que je voulais dire, si je dis pas de bêtises, African Rapsody n'est d'un précédent travail qui est Rhapsody in Black, tu nous diras d'ailleurs que ça vient.
01:07:49: C'est pas une commande en tout cas pour un événement spécifique qui fait notamment référence aux personnes qui ont vécu l'esclavage.
01:07:57: et tu t'es inspiré de textes pour ce travail sur Rhapsodine Black, de grands totheurs ou de grands poètes de la négritude, Senghor, César etc... Et tu avais exploré cela.
01:08:07: et si il ne dit pas de bêtises à African Rhapsodie découle aussi d'une certaine manière de ce travail.
01:08:14: c'est que j'ai eu une commande du Cœur Philharmonique International autour du projet de célébration, de la mémoire des personnes mises en esclavage.
01:08:25: En fait ce Cœurs Philharbonique est artiste de l'UNESCO pour la paix et régulièrement ils ont des thématiques.
01:08:32: Ils m'ont contacté et il m'a proposée de travailler avec eux sur ce projet.
01:08:39: C'est vraiment une des rares fois où on m'a appelé ou je me suis dit, « Je suis vraiment la personne idéale pour ce projet ».
01:08:46: Et j'ai été complètement investie et transcendée en fait par cette commande.
01:08:53: Pour moi c'était un bonheur immense parce que j'adore travailler sur la poésie, le rapport entre les mots et les sons... Pour moi, c'est un bon heur, je fais ça depuis depuis deux mille cinq donc j'avais déjà quelques expériences au compteur et aussi par rapport au sujet, parce que je suis moi-même d'origine africaine.
01:09:12: Mon père est moritanien.
01:09:15: en fait j'ai grandi comme je disais tout à l'heure dans un espace d'effervescence culturelle militante des colonisatrices, et en fait émancipatrice de façon générale.
01:09:27: Donc j'étais même partie une fois avec une réalisatrice sur un tournage en hommage à les mongons Trandamas en Guyane.
01:09:36: J'ai grandi en lisant l'œcle lièvre de Léopold Sédarsangor qui est un livre qu'il a écrit pour les enfants.
01:09:42: Enfin voilà ça faisait vraiment partie de ma culture familiale !
01:09:46: Et donc... Conjugé et la composition à partir de poèmes, et la thématique sur la posée de l'annegritude pour moi c'est un bonheur total.
01:09:56: Donc j'ai composé tout ce programme.
01:09:59: on a fait la création, on a joué plusieurs fois.
01:10:00: d'ailleurs ça s'est bien marché.
01:10:03: On va donner un concert ensemble le vingt-huit juin prochain au festival du Moulin Dendé qui s'appelle Jazz au moulin.
01:10:11: Donc en fait c'est un projet qui continue à vivre et il y avait certaines de ses œuvres que j'ai composées.
01:10:21: J'avais envie de fixer, envie de sublimer à travers un album.
01:10:25: donc j'y ai choisi certains des morceaux de la suite Rhapsody in Black qui figure donc dans ce dernier album, qui s'appelle African Rhapsody.
01:10:33: Dans lequel j'ai aussi ajouté d'autres compositions en fait.
01:10:36: J'ai essayé de composer tout un voyage autour de cette thématique avec mes musiciens mon octet puisqu'en fait pour le projet rapsody in black il n'y avait pas tout mon groupe en fait on était juste quelques uns y avais violoncelle et saxophone ce prano et bariton.
01:10:56: Et donc en fait j'ai réarrangé, repris cette musique pour me l'approprier avec mon groupe et c'est le troisième disque d'ailleurs qu'on enregistre avec les mêmes musiciens.
01:11:04: Donc on est huit.
01:11:05: il y a trois saxophones trompettes guitare au piano contrebasse et batterie.
01:11:11: Tu fais appel à des gens pour dévoire régulièrement.
01:11:14: Ce qui s'est passé c'était que je lui ai invité Camille Berthot pour deux titres et notamment un qui me tient beaucoup à coeur qui est un poème écrit par ma mère Jamila Olivesi Et pour la partie Rhapsody in Black, en fait on a monté un coeur professionnel qui s'appelle les Poetic Birds autour de Yanis Ben-Abdallah.
01:11:30: Qui est le chef de cœur du Cœur Philharmonique Internationale ?
01:11:32: Je ne sais pas si vous avez suivi.
01:11:34: Un peu près !
01:11:35: Donc en fait le Cœurs Philharbonique International m'a commandée cette œuvre qu'on a créée ensemble.
01:11:40: et puis ensuite j'ai collaborer avec Le Chef De Coeur qui aussi un super tenor qui est une voix magnifique et c'est lui qui m'as proposé de réunir un cœur professionnel pour enregistrer certains des morceaux dans le disque.
01:11:55: Et donc on était au total, vingt-deux artistes au studio ce qui était quand même une très grande aventure.
01:12:04: et voilà c'était un grand bonheur de prolonger cette aventure.
01:12:10: Tu nous as dit que c'est quel morceau ?
01:12:11: Ca reprenait un poème de ta mère
01:12:12: ?
01:12:14: Peut être
01:12:14: qu'on peut écouter celui là comme
01:12:15: extrait,
01:12:16: ça te va ?
01:12:17: Oui avec plaisir !
01:14:24: Bien ça aussi,
01:14:25: c'est doux.
01:14:29: Peut-être qu'on peut justement faire le parallèle entre vos travaux et votre oeuvre parce que on a vu qu'il y a une dimension historique politique du jazz.
01:14:41: mais j'imagine qu'encore aujourd'hui on peut invoquer cette dimension politique du Jazz.
01:14:45: On l'a compris toi avec les auteurs par exemple de la négritude, avec des poètes, tout va falloir te me disait en essayant de mettre le plus en avant possible des compositrices par exemple au-delà des morceaux que vous pouvez composer, des références éventuelles.
01:14:58: Est ce quand même qu'on sort un disque aujourd'hui ?
01:15:00: Je sais que Florpe a déjà dit des choses là dessus.
01:15:01: Est-ce qu'il y ait une dimension politique de l'acte de sortir un disques, un album?
01:15:05: alors comment on s'entoure?
01:15:06: évidemment mais même comme on le construit par quel canot on va passer pour le distribuer avec qui on s'sentoure?
01:15:15: parce que c'est aussi un acte.
01:15:16: ça dit quelque chose de comment on travaille dans quelle société... Florpe peut être tu peux nous en reparler un peu de ça.
01:15:24: Oui, c'est sûr que dans la société capitaliste dans laquelle on vit et surtout à l'ère des plateformes de streaming où évidemment les gens sont plus habitués à écouter des albums dans leur intégralité.
01:15:37: Et surtout à ce que ça soit gratuit.
01:15:38: Les gens ont du mal à payer aujourd'hui pour de la musique.
01:15:42: donc sortir un disque évidemment c'était déjà.
01:15:45: je pense oui il y a Il y a une forme de politique là-dedans d'actes, de résistance peut être pour vraiment mettre un peu des gros mots sur ça.
01:15:55: Mais après moi je pense que... Enfin je suis très comme je viens de la pop à l'origine aussi.
01:16:06: Je suis un peu remontée contre les plateformes streaming notamment celle qui commence par Spotify.
01:16:12: mince j'ai dit !
01:16:13: Ne m'inquiète
01:16:15: pas, on tape dessus de temps en temps.
01:16:16: Voilà ou je pense que c'est sûr que le jazz, je pense, Spotify c'était surtout tout ce qui concerne la rémunération des artistes notamment mais aussi l'intelligence artificielle qui est vraiment quelque chose qui fait quand même très flippé aujourd'hui.
01:16:31: Le Jazz j'ai l'impression par chance j'espère C'est un peu sauvé de cette histoire d'intelligence artificielle.
01:16:39: Alors tu vas me dire ce que t'en penses là et là, mais parce que le jazz est par essence une musique d'accident qui se joue en de façon collective, d'improvisation.
01:16:49: donc il y a une bonne chance à l'intellgence artificielle si ils veulent la mettre dans le jazz pour remplacer l'improvisation.
01:16:59: Après on l'a vu avec tous les scandales, enfin toutes les choses qui sont sorties sur Spotify où on voit Il y a beaucoup de jeunes musiciens notamment aux États-Unis qui sortent d'écoles de jazz et qui sont payés cinquante dollars pour faire une session d'enregistrement, de piano Jazz Lounge toute une journée.
01:17:15: Qui après donne tous les droits à Spotify.
01:17:17: Et Spotify après met ça dans des playlists chill pour travailler entre guillemets quoi... Des playlist qui ont des millions d'abonnés donc qui génèrent beaucoup d'argent et qui génère beaucoup d argent par le stream Pour Spotify, évidemment parce que Spotify a acheté des improvisations.
01:17:35: Des choses que les jeunes artistes qui évidemment ont pas le moyen de refuser ce genre d'oppositions ont accepté.
01:17:43: donc le jazz est peut-être un peu préservé pour l'instant mais je pense qu au bout d'un moment tout le monde en souffrira.
01:17:50: Et
01:17:50: toi à ton échelle par exemple lorsque tu sors un album Comment tu arrives à tenir aussi ce discours critique vis-à-vis des plateformes de streaming par exemple ?
01:17:59: Tu me mets quand même j'imagine, enfin je le sais d'ailleurs que l'album est disponible sur Spotify par exemple.
01:18:04: C'est faire de la pédagogie autour de ça c'est rappeler ce sujet et peut être créer d'autres formes... de vie, de cette heure justement en parallèle des plateformes streaming je sais pas.
01:18:13: Oui bah disons que pour être complètement transparent on n'a pas mis sur le petit phab parce que j'suis signé chez Decar Records et que bon ben j'étais pas vraiment en position d'dire non.
01:18:22: Tu
01:18:22: aurais pu limiter, tu aurais souhaiter limite ne pas être présente ?
01:18:24: J'aurais préféré.
01:18:25: oui moi je pense que personnellement je préfère ne pas y être parce qu'en plus je suis suffisamment vocale là dessus sur le problème des plates-formes de streaming pour être cohérente là-dessus.
01:18:37: et oui ne pas souhaiter y être.
01:18:40: Bon, il y a des obligations parfois... J'admire beaucoup les artistes comme Leila ou comme Chyna Mosez aussi qui a sorti son album récemment et qui a volontairement voulu ne pas le mettre sur les plateformes.
01:18:51: Je trouve que c'est une façon je pense de sortir de la musique qui nous sauvera peut-être la musique à un moment.
01:19:00: Il y a une artiste américaine qui s'appelle Kaja Bonnet aussi, très engagée sur ces questions en ce moment.
01:19:07: Non je pense que moi j'essaie d'en parler le plus possible.
01:19:11: c'est ma façon à moi de lutter contre ça et évidemment j'ai quitté et j'y encourageais beaucoup les gens qui me suivent sur les réseaux à quitter ses plateformes de streaming et se tourner vers des façons d'écouter de la musique plus vertueuse notamment la plateforme Cobuz, mais aussi évidemment acheter des disques et aller voir des concerts.
01:19:31: Parce que c'est aussi une façon de faire vivre les artistes parce qu'ils vivent de sa musique.
01:19:36: aujourd'hui ce n'est pas facile et par le streaming c'était pire en pire.
01:19:39: Il
01:19:40: y a un autre exemple après il a tu nous parleras tant modèle qui est très intéressant.
01:19:44: Il ya un autre exemplif lors d'un acte autour l'album qui est quand même symbolique qui veut dire quelque chose qui est de cette manière politique.
01:19:50: C'est le fait que sur La Pochette par exemple toutes les personnes qui ont contribué à ce disque sont représentées.
01:19:56: quasiment une vingtaine de personnes.
01:19:56: Oui, je
01:19:57: crois qu'il y a vingt-cinq personnes... Mais l'idée c'était que les musiciens et moi, toutes les ingénieurs du son évidemment qui sont dessus, il y a la styliste, il ya les musiciennes évidement, les soufflantes du disque, il n'y a ma manageuse , il y à la graphiste.
01:20:18: Il y a mes soeurs qui ont créée la machine que je joue sur le disque.
01:20:25: que vraiment un album, c'est pas une aventure solitaire.
01:20:28: C'est moi qui chante et qui choisis les morceaux par exemple, qu'il devrait y avoir juste ma tête en gros comme ça.
01:20:35: Ça tu vois, je trouve que ça a vraiment du sens parce que si justement on rappelait l'aventure collective qui est un album là où quand on travaille dans la musique, on le sait en général mais c'était vrai pour le grand public parfois, c''est tellement incarné par l'artiste, l'interprète etc... Qu'on oublie toutes ces petites mains etc.. Elle est valorisée mine de rien !
01:20:49: Ca participe à une vision aussi de ce travail, de ses métiers d'industrie quoi.
01:20:52: Ah ça chouette !
01:20:53: Super
01:20:54: Léguilat, t'es disponible par exemple sur les plateformes de streaming ?
01:20:57: Alors moi j'ai acceptée d'être présente sur des plateforms mais pas à cent pour cent parce que je n'avais pas envie de tout donner.
01:21:03: En fait la première fois qu'j'ai vu mon relevé de royalties des plates-formes streaming, je me suis dit il y a un problème.
01:21:09: en fait on ne peut pas continuer comme ça.
01:21:11: donc j' ai la chance d'avoir monté mon propre label attention fragile et j'aie aussi la chance de travailler avec un super distributeur qui s'appelle l'autre distribution avec qui le dialogue est possible.
01:21:22: Et donc en fait, on a discuté et je leur ai dit que oui effectivement j'ai envie d'être présente.
01:21:28: à petite dose pour pouvoir être découverte que les gens puissent partager entre eux, faire découvrir cette musique.
01:21:35: Et en même temps je préfère inciter des personnes qui aiment aller plus loin en achetant la musique soit sur mon site ou alors à travers un livret numérique que j'ai instauré où on perd pas toute l'identité de l'album parce qu'il y a tous les notes de pochette il ya des photos avec notamment l'ingénieur du son les illustrations, il y a des poèmes qui sont mis en musique et en fait tout cet album c'est quelque chose qu'on perd souvent sur les plateformes.
01:22:05: Et ce petit objet donc... Il ne faut
01:22:07: pas que l'on prend le coeur.
01:22:09: Ce petit objet sert par exemple pour les personnes qui n'ont plus de lecteur CD.
01:22:13: mais en fait ce qui s'est passé c'était que l''album précédent Astral je pensais que ça n'allait pas marcher en version du J-Pack et donc j'me suis dit je vais en fabriquer un p'tit peu moins d'habitude.
01:22:25: et puis finalement ben pas du tout parce qu'en fait les fans de jazz, les audiophiles etc.
01:22:31: ont encore des lecteurs CD ils achètent encore des disques.
01:22:33: et donc en fait j'ai dû represser deux fois cet album et je me suis dit bon bah en fait il n'y a pas de problème dans le sens où on peut quand même continuer à faire des disque penser un objet global raconter une histoire avec avec toute une identité et un propos.
01:22:52: Et en même temps, inventer donc les vraies numériques que je conseille à tout le monde... Alors vous pouvez aller sur le site lailaolivisi.com par exemple pour l'acheter par correspondance.
01:23:02: on peut le dédicacer au concert.
01:23:04: En fait c'est un objet sympa !
01:23:06: Le principe est qu'on achète un objet physique mais qui donne accès à la musique directement sur ton site.
01:23:13: donc on passe en dehors.
01:23:14: parce que souvent quand on parle des gens Essayer d'éviter les plateformes de streaming, c'est comme si elles évitaient la numérisation de leur musique et qu'elles ne la distribuent plus du tout.
01:23:23: Alors en fait là le truc que je trouve intéressant est qu'en fait t'achètes ça... T'as quand même accès à l'album soit en MP-III, soit en flac.
01:23:30: Exactement
01:23:30: !
01:23:30: Donc
01:23:30: en plus on peut choisir pour les vrais avec du matos de Phyllis.
01:23:35: Mais tu as quand même un album que tu peux mettre dans ton lecteur et emporter avec toi quoi.
01:23:42: Tu n'es pas bloqué avec ta platine a la maison quoi.
01:23:45: Je trouve ça super intéressant comme approche en fait.
01:23:47: Et en plus avec cette approche hybride où t'es... Pas complètement sur des plateformes mais un peu quand même c'est dire vraiment littéralement sur l'un dernier album African Rhapsody.
01:23:56: sur les onze de la
01:23:58: blanche.
01:23:59: C'est étonnant.
01:24:00: et t'arrives à créer une économie autour tout ça, c'est-à-dire qu'en mélangeant peut être je sais pas le live, les disques, bon le plateforme de streaming ça ramène pas grand chose.
01:24:10: mais tu arrives à trouver ton équilibre comme ça ?
01:24:12: Ah oui oui oui !
01:24:12: Ça se passe bien, c est super.
01:24:15: C'est aussi parce que tu as parlé d'une spécificité du public quand même de jazz, peut-être dans plusieurs audio files un peu plus attaché à l'objet physique.
01:24:22: Ça
01:24:23: joue quand même.
01:24:23: D'ailleurs
01:24:26: je suis
01:24:26: en train de réfléchir.
01:24:27: J'en suis le premier exemple vraiment.
01:24:29: Tu veux dire quoi ?
01:24:30: Que les gens du jazz... Non !
01:24:32: On est en train de le réaliser.
01:24:36: alors moi il a fallu un double salut nazi et des propos complètement délirants du Daniel L que le boss de chez Spotify pour me rendre compte d'à quel point on partait dans l'mur tu vois.
01:24:44: On avait déjà parlé des artistes, des groupes fantômes justement qui ne profitent qu'à la plateforme.
01:24:49: après y'a carrément le mec qui dit oh ouais si demain je te change ton morceau des Beatles par un truc fait pareillat tu t'en rendras même pas compte ?
01:24:54: Moi pour moi ça c'était horrible !
01:24:56: Et donc on arrive à une prise de conscience Que on ait vraiment nous tous là collectivement depuis quinze, vingt ans dans une économie de l'accès.
01:25:05: Et moi je me faisais la réflexion parce que ma fille à quatre ans elle a eu quatorze ans un semaine dernière et je me disais c'est marrant.
01:25:09: mais si demain elle me dit papa qu'est-ce que tu écoutes ?
01:25:13: J'ai rien !
01:25:14: Parce que j'avais tout sur des disques durs ou en ligne.
01:25:18: C'est à dire que tu fais des playlists de huit cent morceaux le matin la plateforme elle ferme ta playlist elle disparaît en fait.
01:25:24: Le fait de pas avoir d'objet vers lequel te tourner du support.
01:25:30: En fait, j'ai réalisé ça.
01:25:33: et donc il y a quelques mois déjà.
01:25:35: Et moi à titre personnel qui pourtant est sauté à pied joint dans le numérique depuis le départ, je suis en train de me reconstruire en achetant des vinyles... Donc ce que
01:25:43: tu voulais dire c'est qu'elle observait dans le milieu du genre, ça peut même d'autres...
01:25:48: Moi j'en parle autour de moi et les gens maintenant sont sensibles à ça.
01:25:53: Tu vois, moi quand je retrouve des viniles chez mes parents et que je les ramène chez moi avec tout ce que j'ai récupéré.
01:25:58: Je me dis bah j'aimerais bien que ma fille puisse faire pareil avec ma musique à moi, le truc avec lequel moi j'y ai grandi.
01:26:03: Et en fait tu te tournes vers le fait de dire « je garde un accès sur les plateformes de streaming pour la découverte ».
01:26:10: En revanche partir du moment où il y a un artiste ou une artiste qui t'apprécie ta chette... L'album, moi je l'ai fait en vinyl parce que j'aime bien aussi me focus quand j'écoute de la musique et pas avoir juste un truc qui est un bruit de fond.
01:26:21: Mais t'achètes le CD tu vas au concert d'achète du merch.
01:26:25: Après c'est peut-être qu'il faut mettre en avant des pratiques hybrides parce que pour me faire l'avocat du diable.
01:26:31: Moi par exemple dans ma construction musicale et dans le fait que je pense être quelqu'un assez curieux musicalement m'a intéressé à plein d'esthétiques etc.
01:26:38: franchement le numérique a participé énormément parce que là j'avais un accès tellement facilité à beaucoup de musiques très différentes que ça m'a construit, je crois c'est une vraie richesse culturelle.
01:26:47: C'est hyper difficile de trouver le juste milieu.
01:26:50: Bien
01:26:50: sûr que la question comment on paye les gens des valeurs portées par des acteurs du milieu était assez important.
01:26:55: et en même temps cet accès... Oui vas-y il est là !
01:27:00: A mon époque y avait la médiathèque musicale qui existe
01:27:04: toujours
01:27:05: et qui permet de découvrir quand même plein de musique aussi avec le support CD sans forcément acheter au départ.
01:27:13: Enfin en tout cas c'est comme ça que j'ai fait ma culture, enfin à l'époque il n'y avait pas
01:27:17: ce qu'il y a aujourd'hui.
01:27:18: Et tu as même,
01:27:18: je dirais jusqu'à dire que dans beaucoup de villes un peu numérisées quand même la médiathèque est accessible en ligne.
01:27:25: Donc tu te connectes sur le site, moi je sais qu'à Maisonville Force et le cas t'as une médiathèque disponible comme si c'était sur Spotify sauf que c'est un truc où tous les enregistrements sont disponibles physiquement quelque part.
01:27:36: Ça
01:27:36: peut quand même les écouter chez toi.
01:27:37: Ça pose presque la question d'une forme de service public d'accès effectivement à la culture.
01:27:43: Surtout qu'en termes de découverte tu vois sur des applis comme Spotify C'est aussi assez limité, déjà il y a quand même un algorithme qui... Non mais tu vois c'est pas des
01:27:54: sélections... Qui te permettent aussi de... Enfin moi je découvre les artistes aussi comme ça.
01:27:58: Oui
01:27:58: oui non bien sûr !
01:27:59: Mais moi je trouve qu'au bout d'un moment on tourne quand même pas mal en rond là-dedans parce que ce sont des algorithmes, ce n'est Enfin, elle n'est pas vraiment au rendez-vous alors qu'encore une fois... Il y a quelques
01:28:13: playlists éditoriales aussi sélectionnées par des humains en fonction de les plateformes.
01:28:15: Ok toi tu es
01:28:16: là dans le cas de la plateforme !
01:28:19: C'est pour le besoin du débat aussi ?
01:28:20: Oui c'est
01:28:21: le contradictoire
01:28:22: !
01:28:23: Non mais je pense que ça t'enferme un peu dans une chambre d'écho dans le sens où moi sur Spotify j'allais avoir des recommandations ou deux choses qui correspondaient comme si c'était un algorithme par du temps qui correspondait à ce que j'écoutais.
01:28:36: Donc tu restes souvent quand même un petit peu dans la même boucle, dans le même style et encore une fois je n'ai pas du tout été payé par Cobuz pour raconter tout ça.
01:28:47: mais en fait Cobuz comme c'est une petite plateforme française et que la sélection est faite par des
01:28:54: êtres
01:28:55: humains et en plus de bons nerds.
01:28:57: Un vrai travail éditorial journalistique notre ami Brice Miclép a embossé évidemment pour Cobuz etc... C'est
01:29:02: super Cobuz.
01:29:03: Cobuz
01:29:03: c'est qui réminère le mieux.
01:29:05: Ah oui, à lui restant la différence.
01:29:07: Par contre le problème c'était la profondeur du catalogue où ils sont quand même un petit peu derrière...
01:29:12: Je pense qu'ils sont derrière mais que ça va pas durer parce qu'à mon avis j'espère si tout le monde va sur Cobuz et bien au bout d'un moment ils seront plus... Parce-que je crois que ce n'est vraiment une petite entrepêche.
01:29:22: Je crois qu'il y a une soixantaine.
01:29:24: donc il faut justement encourager ce genre d'initiative pour que justement le catalogue soit à la même hauteur que Spotify et Deezer.
01:29:32: Et en même temps, quand on voit la proportion de musique générée par intelligence artificielle sur Spotify... Bah du coup est-ce que ça vaut le coût d'avoir un catalogue aussi immense?
01:29:41: si de toute façon... On dirait
01:29:42: que sur Deezers il prenait je crois mille deux cents titres intégralement générés par IA par jour.
01:29:49: C'est
01:29:49: colossale en fait
01:29:49: !
01:29:49: Un bouillain pourcentage total effectivement !
01:29:52: En fait le souci qu'on a avec ces plateformes donc économie de l'accès etc.
01:29:56: bon voilà après moi ce qui m'embête un petit peu.
01:29:59: c'est Comme la notion de droit et d'accès au catalogue court sur des périodes de temps, des fois en fait t'arrives à l'expiration du droit d'utiliser la musique.
01:30:09: Et l'album disparaît.
01:30:11: tu vois ?
01:30:11: De la plateforme... En fait le problème c'est que comme on n'a pas chez nous une bibliothèque qui te remet tous les morceaux que doré sur Spotify ou Deezer ou n'importe quoi eh ben quand l'Album disparait tu oublies son existence !
01:30:22: Et des fois tu vas y penser par un truc qui se passe dans ta vie où tu dis ah ça me fais penser à ça.
01:30:28: Ah ben oui j'ai l'album sur Deezer par exemple, ah bah non je ne l'ai plus.
01:30:31: Et moi ça c'était aussi un des trucs qui fait que... Je me suis remis en fait à récupérer les morceaux et aller stocker alors aussi bien en physique qu'en numérique sur mes disques durant mois.
01:30:40: mais il y a des trucs...
01:30:42: Ce qu'il faut rappeler c'est qu'à une part de tout ça qui est évidemment imputable aux plateformes mais aussi au deal avec les maisons de disque et parfois ils vont pas toujours dans le sens pareil de l'accessibilité du public.
01:30:53: Et nous en tant qu'utilisatrice, on a aussi un rôle à jouer là-dedans.
01:30:57: Moi je n'y suis pas.
01:31:02: En tant que co-ditrice, tu veux dire OK ?
01:31:04: T'aurais même pas vérifié si leregistrement passait bien sur
01:31:07: quelques morceaux que t'as vu.
01:31:09: En
01:31:10: version free.
01:31:10: quand elle
01:31:11: la regardais quand même !
01:31:12: Il y a pas longtemps quelqu'un m'a dit mais ton disque j'ai cherché sur Cobuzz et je l'ai pas trouvé... Donc je me suis dit, ah, catastrophe !
01:31:18: J'ai regardé.
01:31:19: Effectivement il n'y était pas.
01:31:21: et en fait c'était un oubli.
01:31:21: et maintenant on s'est réparés de.
01:31:23: vous pouvez découvrir africain rap sur Tobaz.
01:31:27: Et alors on parle d'économie aussi de la musique etc... Il y a une autre point intéressante dont on travaille les healers.
01:31:31: Je sais pas si tu le fais à chaque fois mais parfois tu fais appel aux participatifs pour avoir le budget autour d'un album ?
01:31:39: Yeah, du crowdfunding.
01:31:40: Oui exactement.
01:31:41: Le financement
01:31:41: participatif.
01:31:42: Oui oui en fait c'est vrai que ça fait pas mal d'albums qu'on fonctionne comme ça.
01:31:49: C'est vraiment précieux parce qu'en fait l'économie d'un disque... ne pourrait pas exister sans ce type de soutien.
01:31:58: Alors il y a évidemment le soutien de l'ADAMI, du CNM, Le Centre national de la musique... La Spedidame aussi qui nous aide l'ASSASM.
01:32:08: mais en fait ce qui est génial avec le principe des financements participatifs c'est que tout un tas comme on dirait de gens d'amis, de gens du public qui sont plus ou moins fidèles et qui reçoivent des newsletter par exemple peuvent être intéressés par le prochain album.
01:32:24: Et donc en fait c'est comme si ils achetaient en avance un disque ce qui nous permet à nous d'avoir une avance de trésorerie pour pouvoir financer parce que ça coûte très très cher quand même l'album les séances de studio toute la partie... Surtout
01:32:37: en Loctet j'imagine !
01:32:39: Oui c'était ça !
01:32:39: Loctets plus le cœur de douze Poetic Birds plus Camille Vertot, Olga Melchen aussi qui a participé.
01:32:46: C'est vrai que quand on veut faire les choses bien dans des bonnes conditions professionnellement, voilà il y a un budget quand même très conséquent et le crowdfunding nous aide beaucoup.
01:32:57: je pense que je ne suis fin.
01:33:00: On est très nombreux à le faire.
01:33:02: Et même certains labels l'ont fait de façon relativement systématique, comme le label Jazz & People par exemple chez qui j'ai sorti un album que s'appelle Utopia.
01:33:09: je sais qu'ils le font régulièrement.
01:33:12: En tout cas dans la musique de jazz ça se fait régulèrement.
01:33:15: C'est marrant parce que toi Flore tu connais si bien l'univers de La Pop ?
01:33:18: Ça existe évidemment mais j'avais pas l'impression que ce soit extrêmement développé encore.
01:33:21: les financements participatifs autour d'un album
01:33:23: Non, dans la pop ça n'existe pas trop.
01:33:25: C'est peut-être
01:33:28: parce
01:33:30: que c'est une autre économie dans le sens ou dans le jazz comme tu... Dans la pop par exemple c'était entre guillemets plus facile de faire un album tout seul avec un ordi, un micro, un synthé.
01:33:43: Je dis pas que c'est simple et je ne dis pas qu'il y a la chose à faire, mais en tout cas ce n'est possible.
01:33:48: J'ai l'impression que c''est quand même beaucoup plus une musique qui se joue à plusieurs.
01:33:51: C'est une musique où il faut être dans un espace où il y a suffisamment de places ou il y des micros pour enregistrer chaque instrument.
01:33:59: Et puis il faut payer les musiciens-musiciens.
01:34:00: donc tout de suite c'était quand même... plus conséquent et peut-être aussi parce qu'effectivement l'engagement du public est différent.
01:34:10: Je pense que dans la pop les gens sont beaucoup plus habitués à ne pas payer, avoir accès aux produits entre guillemets vraiment gratuitement et facilement.
01:34:19: donc je pense que c'est plus difficile de demander un engagement financier de la part des publics.
01:34:25: On
01:34:25: voit certains... Alors ce sont des méga stars.
01:34:29: mais tu vois une artiste comme Taylor Swift.
01:34:32: elle a une horde de fans et qui achètent vraiment plusieurs fois l'album pour être sûr d'avoir toutes les versions, tous les déclis et tout.
01:34:40: Donc tu te dis peut-être que ça aussi c'est en train de changer même auprès du public un peu plus mainstream parce qu'oui les musiques de niche font que forcément les gens sont plus investis et mettent leur personne pour soutenir un peu leurs artistes etc.
01:34:53: mais je me dis en fait on est pour moi à point d'inflexion là où globalement j'ai l'impression quand même que les gens vont revenir un petit peu.
01:35:02: peut-être je dis pas effacer complètement les plateformes mais en tout cas repositionner leur rapport à la musique En faisant les deux, je pense vraiment...
01:35:12: Je crois vraiment aux modèles hybrides en fonction des niches et des scènes.
01:35:19: Effectivement les artistes plus underground et parce qu'ils ont envie de garder une forme de radicalité dans leur propos s'appuient sur leurs communautés.
01:35:24: et justement à qui parle cette radicalité ?
01:35:26: Enfin tu vois ça crée un truc, un espèce de cercle vertueux.
01:35:28: comme ça on arrive à créer une économie où on est peu au final puis à l'inverse je pense que c'est pas adapté pour plein d'autres artistes.
01:35:34: je pense aussi il y a des artistes.
01:35:36: peut-être C'est un droit après tout de rêver, tu sais, de toucher absolument tout le monde, d'être une espèce de figure fédératrice comme ça et d' être absolument partout.
01:35:45: En
01:35:46: fait je crois que c'était l'année dernière ou l'anée d'avant où on a... C'était à pointe bascule où on avait vendu plus de vinyle que de CD quoi !
01:35:55: Et donc en fait ça veut bien dire quelque chose.
01:35:56: parce que le vinyle en tant que support pour fixer la musique c'est littéralement le pire En termes d'encombrement, le fait que ça se dégrade à chaque lecture c'est fragile.
01:36:07: C'est
01:36:08: un grain mais quand même
01:36:10: ça coûte cher etc... Mais il
01:36:11: y a des belles pochettes.
01:36:14: Et en fait les gens moi je connais beaucoup de plus en plus deux gens qui parfois achètent des vignées alors qu'ils n'ont pas de platine Parce que l'objet en fait, t'as une belle photo.
01:36:24: Après ne pas sous-estimer le CD je connais beaucoup de gens justement qui aiment beaucoup la musique et qui disent attendez vous allez voir ça va revenir parce que ça reste quand même un format... Mais
01:36:32: le cd c'était le format parfait.
01:36:33: mais oui il est absolument génial en tant que tel ce format d'un point de vue notamment technique.
01:36:36: en fait
01:36:37: sur les harmoniques et tout la dynamique la plage dynamique est gigantesque
01:36:40: et face à la folie financière autour du vinyle les prix complètement délirant parfois etc.
01:36:46: certains disent bah hey les gars sous-étimez pas le cds.
01:36:49: Le cd revient.
01:36:49: le truc c'est que je connais des gens qui collectionnent les cd.
01:36:52: alors déjà on les regarde gentiment.
01:36:56: mais eux aussi me disent alors ce cd de la tristique mafia il m'a coûté trois cent cinquante balles et je dirais bah ouais super.
01:37:03: donc en fait y a la collectionnite avec les revendeurs complètement perchés quitte vendre des trucs à des prix délirants.
01:37:09: vous inquiétez pas quand le CD reviendra ça sera pareil ça j'ai aucun doute là dessus.
01:37:13: mais le format cd est compacte mais du coup tu perds enfin.
01:37:19: ya moins d'attrait.
01:37:20: Tu vois, avoir un vinil c'est beau quoi.
01:37:22: En fait quand tu écoutes le truc et que tu poses la pochette... C'est joli !
01:37:25: C'était un objet décoratif.
01:37:27: Et je me dis bah le fait qu'on ait rendu plus de vinils qui s'en est rendue à l'époque où le vinil était le moyen de... enfin le média disponible donc dans les années sevente-dix-quatre ans ça dit quelque chose de l' époque quand même.
01:37:39: mais c'ait pour ça que je me suis dit ouais Je comprends les amateurs de musique un petit peu spécifiques,
01:37:45: etc.,
01:37:46: qui s'investissent.
01:37:47: Mais je sens qu'il se passe quelque chose auprès du grand public.
01:37:50: Peut-être qu'ils faudraient faire des CDs mais avec des pochettes viniles.
01:37:55: C'est très grand et tu as le tout petit CD au milieu.
01:37:59: Le modèle hybride parfait c'est un vinyl dans lequel dedans t'as une puce RFID que tu peux... tu poses ton téléphone dessus, ça commence à l'écouter de l'album sur la plateforme de ton choix.
01:38:14: Et ça il y a des gens qui commencent à le faire.
01:38:15: – Et puis il y aussi une autre solution c'est le live.
01:38:17: –
01:38:18: Évidemment !
01:38:19: Donc, venez au concert les amis.
01:38:21: Mais ça en l'occurrence c'est un truc... Alors il y a évidemment des artistes aujourd'hui qui sont un peu plus rétissants à faire du live.
01:38:26: mais dans le monde de la musique notamment pour des raisons économiques Le Live a quand même encore beaucoup sa place.
01:38:31: Beaucoup d'artistes se reposent sur Live pour justement avoir une économie et globalement c' est une expérience qui va valoriser.
01:38:37: j ai l'impression qu'il n'ait pas près de disparaître.
01:38:41: En tout cas c est certainement le salut de la music Pour le moment.
01:38:43: en tous cas en attendant un grand bouleversement autour de la diffusion des plateformes streaming etc.
01:38:49: là où on est vertueux si on allait en voir les gens effectivement.
01:38:52: Il se passe quelque chose, il y a une aventure incroyable surtout la musique jazz c'est sur scène.
01:38:59: Même s'il vous êtes incroyable parce que ce sera certainement un des sujets du prochain épisode du podcast puisqu'on va parler avec des tourneurs notamment comment ça se passe justement et je parle d'une approche vertueuse.
01:39:13: Après, on peut parler aussi de boîtes comme Live Nation ou c'est parfois aussi plus compliqué avec des gros mastodontes.
01:39:20: Et on parlait avec les mecs de Terre Noire qui t'expliquaient que le live c'était bien mais que si pour faire du live il y a des gens qui doivent se taper trois cents bornes de bagnole ce n'est pas cool.
01:39:27: Absolument !
01:39:29: Mais c' est un autre sujet j'ai envie de dire.
01:39:31: Peut-être pour conclure parce qu'il est intéressant.
01:39:33: dans notre dernière discussion et sur l'économie d'aujourd'hui etc... En fait on était dans la lignée de l'idée aussi que la musique, le jazz peut porter aussi des idées et des combats.
01:39:42: Et une certaine manière.
01:39:43: en fait on parlait du combat moderne aussi.
01:39:46: Est-ce que vous pensez que cette dimension politique émancipatrice du jazz est amené à perdurer ?
01:39:51: Est ce qu'elle peut même porter d'autres combats futurs parce que ça n'est d un contexte précis?
01:39:57: pour des communautés aussi précises.
01:39:58: C'est-à-dire que c'est avant tout une représentation afro-américaine dans un premier temps et qui ensuite touche plein d'autres gens, qui ont des combats différents mais ça fait quand même sens.
01:40:05: tout ça est ce que le jazz peut garder cette dimension pour les combats futurs et varier fondamentalement ?
01:40:12: Alors moi je pense que le Jazz est une musique où la personnalité de l'artiste s'exprime très forte et artistiquement, en fait le jazz c'est un statement à chaque fois.
01:40:30: C'est-à-dire que comme il y a une grande dimension d'improvisation... Il ya effectivement des thèmes, des choses qui sont écrites mais en fait c' est une fois que la musique se vit sur scène et se partage.
01:40:40: en fait, l interplay c est le mot qu on utilise pour parler de l interaction qu'il y a entre les musiciens qui sont en train de jouer ensemble, même s'il ya un par exemple qui fait un solo à un moment donné qui improvise.
01:40:53: En fait les autres sont en interaction permanente avec eux et il y a un dialogue qui se crée.
01:40:58: Et ça c'est un engagement personnel très fort de la part des artistes.
01:41:04: donc je pense que ça de façon structurelle rend cette musique particulièrement politique.
01:41:11: si le politique... politique, ça veut dire le vivre ensemble.
01:41:16: Et donc c'est la façon d'être ensemble.
01:41:18: et en fait il y a cet engagement dans cette musique qui rend les choses naturelles.
01:41:23: Qui peut porter effectivement différents combats mais je pense qu'on ne peut pas faire du jazz en passant un petit peu de façon légère.
01:41:30: Il y a forcément un engagement fort
01:41:33: Moi je suis d'accord et je pense que justement c'est ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure sur le lia, et l'uniformisation de la musique et de la culture.
01:41:42: Je pense que jazz sera jamais une musique qui va lutter contre ça parce que comme tu dis c' est le fait de jouer ensemble, d'être en interaction, d être humain.
01:41:52: Donc oui, je pense que le jazz s'ouvre à Le Monde.
01:41:57: Quelle magnifique conclusion
01:41:58: !
01:42:00: Floor, Benghigi, Layla Olivier dit merci beaucoup c'était hyper cool.
01:42:03: Merci, merci.
01:42:04: C'est très chouette.
01:42:05: on a une tradition à conclure réellement cette émission.
01:42:08: à chaque fois c'est des recommandations musicales.
01:42:12: donc on s'écoute un petit extrait.
01:42:13: chacun va faire daz moi vous aussi
01:42:16: de ce que vous
01:42:17: voulez.
01:42:18: Un truc soit un peu classique, soit un truc que vous avez découvert récemment jazz ou pas même idéalement si c'est autre chose que du jazz c'était cool parce qu'on a un peu parlé déjà pendant quasiment deux heures à voir.
01:42:27: je sais pas si vous avez déjà des idées.
01:42:29: est-ce que vous vouliez un peu de réflexion?
01:42:33: alors tu vois elles vont pas faire.
01:42:34: attend je regarde sûrement Spotify ce qui arriverait
01:42:36: régulièrement avec nos invités.
01:42:39: Alors ça tombe bien.
01:42:40: j'avais
01:42:40: une idée Est-ce?
01:42:46: Oui, c'est vrai.
01:42:48: C'était une idée ?
01:42:49: Yes !
01:42:50: Un groupe que j'adore Love Un Limited produit par Barry White.
01:42:55: L'album s'appelle From A Girl Point Of View.
01:42:57: Tous les morceaux sont écrits par Barry white.
01:42:59: Bref pas de comment faire là-dessus mais il y a un morceau que je trouve incroyable dessus.
01:43:04: enfin deux morceaus en fait tout l'albume le morceaud s'appellent I Can't Let Him Down et I Can Take Down.
01:43:12: Je l'ai acheté Et je veux vivre dans cette musique en fait.
01:43:20: Eh ben
01:43:21: on commence par l'écouter, en voici on s'installe après.
01:43:23: si vraiment... On va
01:43:24: voir c'est riche
01:43:25: !
01:44:18: Moi j'suis pas fan de Barry White le chanteur Pimp Originelle.
01:45:08: là ça me casse un peu les couilles je veux dire.
01:45:11: En revanche conduite d'orchestre et arrangement et composition le mec.
01:45:16: Mais ce que j'allais te dire ?
01:45:17: J'allai te dire Barry White est mieux quand il chante
01:45:18: pas !
01:45:20: En faite j'ai jamais compris.
01:45:22: J'ai d'autres viniles que j'ai récupérées chez mes parents.
01:45:23: Il y en a un, c'est une photo de lui.
01:45:25: en gros plan tu vois son visage tout dégoulinant dessus et je suis en train de me dire mais comment ?
01:45:30: Comment ce mec là
01:45:31: ?
01:45:31: Comment
01:45:32: si tu dis très belle photo je pense qu'on va la mettre
01:45:34: ?
01:45:35: Voilà donc moi franchement je trouve que ça est un artiste majeur qui est super important pour pour pour tout ce qu il a à tout ce qui l'a créé.
01:45:41: mais effectivement moi quand j'entends ces compos je fonds en fait vraiment plus que quand je l'entend chanter.
01:45:51: Est-ce que vous avez une petite idée maintenant?
01:45:53: ou on vous laisse encore un peu de temps
01:45:55: ?
01:45:55: Tu veux y aller ?
01:45:56: Allez, j'y
01:45:57: vais.
01:45:58: Donc moi j'ai envie de vous faire écouter une oeuvre de Take Six, groupe vocal que j'adore et leur premier album qui s'appelle Take Six.
01:46:08: Et bon alors tout l'album est génial mais donc j'aie du mal à choisir un titre.
01:46:14: mais on pourrait par exemple écouter A Quiet Place qui est très beau et qui porte pas mal un désir de paix.
01:46:27: Parfait, la Coyote Play salore de TX-X.
01:48:18: Mais il a été tellement investi pendant qu'on écoute le morceau.
01:48:21: à quand ton groupe vocal comme
01:48:23: ça ?
01:48:24: Ça va être de quelle année ?
01:48:25: Mme
01:48:25: en rêve, ce serait de me réincarner en un membre de Tx-X !
01:48:28: C'est vrai,
01:48:30: c'est... c'était...
01:48:31: c''est... ça fait plus trop les trucs que parce que ça...
01:48:34: C'EST VRAI.
01:48:34: Je sais pas si je connais « mâle ».
01:48:35: après... Que
01:48:36: sont devenus les poids?
01:48:36: ou par exemple?
01:48:38: Ils sont plus très actifs.
01:48:40: Mais il existe un
01:48:41: TXX, ils tournent... Je les ai vus il n'y a pas très longtemps à la scène musicale.
01:48:45: Ils continuent, ils sont toujours au top.
01:48:47: C'est
01:48:48: trop beau.
01:48:49: En
01:48:49: conservatoire j'avais essayé dans... J'avais un groupe vocal au conservateur et on avait essayé de chanter un Gateway Jordan d'un TXx.
01:48:57: Dehors
01:48:57: ce morceau
01:48:58: !
01:48:58: Impossible !
01:48:59: On avait passé des mois dessus.
01:49:00: je me rappellais c'était un peu une catape.
01:49:02: C'sit dur, c'est très dur ces fois-ci.
01:49:04: C'trait très fort.
01:49:06: Ils sont
01:49:06: incroyable.
01:49:07: À Capella ?
01:49:10: Avec un ingé son qui ne laisse pas trop de respiration après les phrases.
01:49:15: Ah pour moi à chaque fois tu as l'impression d'un mec qui coupe tout, dès qu'il finit c'est une phrase tac !
01:49:18: Il n'y a pas la respiration et le gait est infranchissable.
01:49:25: Alors, est-ce que t'as une idée de ton morceau?
01:49:26: ?
01:49:27: Oui je pense qu'on va rester sur cette idée de musique qui apporte la paix.
01:49:34: C'est le dernier album qui m'a mis un peu une claque, c'était l'album de Momoko.
01:49:37: Gill Gilles, gil.
01:49:39: Je pense que Gilles... L'album s'appelle Momoko et c'est vraiment très beau.
01:49:46: Et il y a un morceau qui s'appellent One Palestine is Free.
01:49:51: C'est un message qu'on a besoin d'en entendre en ce moment.
01:49:53: J'ai l'arrêche !
01:51:09: C'était hyper beau ça aussi.
01:51:50: Tout le album est sublime.
01:51:51: je vous invite à l'écouter.
01:51:53: Momoko Gilles ?
01:51:54: Je ne connaissais pas j'avoue.
01:51:56: Selman.
01:51:56: Oui,
01:51:57: toi ?
01:51:58: Écoute ça va être un autre délire !
01:52:02: En mode musique électronique j'ai découvert récemment sous les conseils de notre collègue Rinoiser ce que je vais échanger des trucs sur un mec qui s'appelle LB Akalabat qui fait la musique électronic aujourd'hui entre mainstream et underground.
01:52:16: c'est le truc un peu à la mode tu vois de reprends notamment les cultures un peu UK genre drum and bass etc... Et il m'a renvoyé vers un truc un peu moins connu.
01:52:26: Un type qui s'appelle The Caracal Project, qui est français d'ailleurs et effectivement y a une espèce de renouveau c'est dans les temps de la drum and bass de partout, y compris en Angleterre souvent avec des appets très mélodiques etc... Donc le Caracall project a fait un futuring avec un entretenant s'appel Macef et il ya un morceau que je trouve hyper bien et globalement j'invite à écouter les deux artistes.
01:52:48: vous allez me dire si vous aimez bien ça part du before you.
01:54:01: C'est un
01:54:41: truc où l'artiste se dit, ça fait quoi ça ?
01:54:45: Il active
01:54:46: et me plaît le santé !
01:54:48: C'était super rythmiquement, c'est vachement riche.
01:54:50: Ça me fait penser à un truc de jazz.
01:54:54: On a le droit d'en mettre encore un tout petit début de morceaux.
01:54:56: C'EST
01:54:57: LINGALA L-I-N G-A-L-A de Miguel Zenon, c''est le SF collective donc du jazz.
01:55:03: mais par contre... Au niveau rythmique, il y a un espèce de feeling.
01:55:07: Tu vois?
01:55:08: Il y a une intro qui est très afro.
01:55:11: Un truc ternerre comme ça exactement comme ce qu'on ressentait là et puis après à un moment donné sa switch et l'effet il est démentiel et c'est un peu ce que j'ai ressenti là.
01:55:21: C'est
01:55:22: vrai ?
01:55:22: Attends donc tu m'as dit Lingala
01:55:23: de Miguel... Miguel Zenan SF Collective, S F Collective.
01:55:28: C's San Francisco Collective Et Lingala c'était une compote de Miguel Zenane.
01:55:34: Ok, je l'ai.
01:55:35: Et bah écoute t'attends vas-y.
01:55:37: Il y a un moment précis genre... Ouais
01:55:38: le début
01:55:38: !
01:55:41: Oh c'est pareil.
01:55:43: Aucune différence.
01:55:45: Mais écoute la
01:55:46: grove.
01:55:59: Attends tu veux avoir ça
01:56:00: après ?
01:56:01: Mais déjà là Yelp.
01:56:26: Le beat switch a fait des morts dans la salle de concert là.
01:57:17: Le switch c'était incroyable non ?
01:57:20: Effectivement
01:57:20: il
01:57:23: y a cette espèce d'ouverture comme ça du coup
01:57:26: qu'on
01:57:26: trouve beaucoup dans les musiques électroniques.
01:57:27: de toute façon ça va rien.
01:57:28: Le filtre, c'est au bar à
01:57:30: fond.
01:57:31: Mais d'ailleurs on devrait mettre plus de fils dans les jazz d'ailleurs.
01:57:37: Il y a eu la house filtrée.
01:57:39: pourquoi pas le Jazz filtré
01:57:39: ?
01:57:40: Ça doit exister quelque part
01:57:41: sur
01:57:42: Internet quelque part.
01:57:43: Mais
01:57:43: ce n'est pas complètement délirant les parallèles parce que dans le morceau que j'ai mis juste avant par exemple après il se termine sur une partie acoustique.
01:57:49: La guitare acoustique etc... Il peut y avoir plein de parallèle de façon possible.
01:57:53: Bon les Olivésie, Florbengiggy On rappelle Toi, Le Hilal dernier album qui commence déjà à avoir... Surtout tu travailles sur autre chose non ?
01:58:02: Pour bientôt.
01:58:02: Bah là en fait on travaille sur la tournée.
01:58:04: On va tourner tous l'été On va aller au Noix Shot et à Saint Louis au Sénégal au mois de mai On va allez en Guadeloupe en juin A Marseille jazz des cinq continents En Juillet
01:58:17: Au new
01:58:17: morning le dix-huit septembre Et ensuite on va aller aux Portugals.
01:58:22: Enfin voilà, donc là
01:58:23: pour l'instant
01:58:24: on travaille sur la tournée.
01:58:26: et puis je réfléchis à peut-être faire un vinyle quand même.
01:58:29: Qu'est ce que vous en pensez ?
01:58:31: Ça serait
01:58:31: chouette !
01:58:31: Moi j'dis oui, obligé !
01:58:33: Ouais ça serait choutte
01:58:34: !
01:58:34: Donc bientôt africain rap saudi en vinyle Et puis aller te voir en concert Flore, toi tu vois que l'album vient de sortir.
01:58:42: Il est trois cent trente et j'imagine qu'il y avait aussi quelques dates ?
01:58:46: Oui oui bah on a fait une date New Mangs pour la sortie qui était la semaine dernière et mon appart encore annoncé.
01:58:52: mais il y aura aussi quelques festivals cet été plutôt en France et à Montréal aussi.
01:58:57: Ça ça a été annoncé au festival de jazz de Montréal avec la machine aussi du coup qui est un sacré truc à transporter.
01:59:05: J'avais dit qu'on en parlait, mais c'est vrai que... On n'en a pas parlé.
01:59:08: Il est déjà un peu tard.
01:59:09: Oui.
01:59:10: On doit libérer les îles.
01:59:12: Mais t'as créé avec ta sœur notamment ?
01:59:14: C'est
01:59:14: ma sœure qui l'a créée et oui ce ne sont pas moi.
01:59:16: En gros des contrôleurs….
01:59:18: C'est pas des contrôles, il n'y a pas d'ordinateur.
01:59:19: Mais qui contrôle les synthés ?
01:59:23: Il y a des petits claviques qui contrôlent des synthés mais c'est que des synthétiseurs... Elle a créé une machine qui rassemble mes synthétises en motocodeur, des effets et du coup c'était une machine un peu... enfin qu'il existe pas à quoi, afin de ne l'exister pas avant.
01:59:37: Elle s'appelle IK-IIIIII, donc pour ça c' est le nom d'album aussi, c' était le nom filmé un rebelle dans un roman dystopique russe des années vingt.
01:59:51: dystopie
01:59:55: qui est celui d'un Spirémi, de une société fasciste un peu flippante.
02:00:05: Qui ressemble beaucoup à la nôtre aussi.
02:00:07: et donc il y a un personnage féminin très stylée qui s'appelle I-throix cent trente.
02:00:11: Et nous ça veut dire alors en russe ?
02:00:15: Ah c'est vrai non mais je pense que c'était traduit.
02:00:18: Oui c' était traduit parce qu'en anglais c'ait oui.
02:00:23: Donc je pense qu'on l'occurrence.
02:00:25: Mais peut être qu'il y avait Un jeu de mots, je ne sais pas.
02:00:28: Mais voilà !
02:00:29: J'ai découvert
02:00:29: d'ailleurs avec la machine que vous avez faite, elle va équilier à trois cent trente.
02:00:32: De celui-là il y a un synthé de la marque Criterine Guitarie.
02:00:34: Je
02:00:35: connaissais pas.
02:00:36: Il y a l'organel et alors mais l'autre justement il est étonnant parce que c'est le IC.
02:00:39: En fait ils génèrent les vidéos, c'était ça ?
02:00:41: Du coup
02:00:42: quand je joue ça... Et tu
02:00:42: vas l'utiliser en live et tout.
02:00:43: Ah ouais c'etait dans la machine ou quand je joue ça génère des petites images un peu marrantes ?
02:00:48: Trop rigolo.
02:00:49: Donc
02:00:50: ouais une
02:00:51: raison d'aller voir ça en live effectivement pour voir la machine.
02:00:55: En moins bien sur Spotify, c'est sûr !
02:00:59: Bon.
02:00:59: et puis évidemment merci à tous ceux qui ont permis de faire cette émission, à Flav... Flav il était un peu tout seul avec Alexi quand même.
02:01:08: Ils ont préparé ça à eux.
02:01:10: Absolument.
02:01:10: Pour la technique, merci à François pour le montage évidemment.
02:01:13: Merci à Toman grâce à qui on fait cette émission.
02:01:15: Et merci à vous.
02:01:17: Avec
02:01:17: plaisir.
02:01:18: Merci beaucoup d'être venu nous voir.
02:01:20: Vous avez déjà acheté des trucs chez Toman.
02:01:21: je suis
02:01:22: Oui, ah oui.
02:01:23: Clients régulières
02:01:24: même.
02:01:26: Vous avez bien raison.
02:01:27: et merci Wila Flore.
02:01:29: Merci à nos auditeurs aussi quand même qui nous ont écouté.
02:01:31: si ils sont encore là ils ont écoute quasiment deux heures.
02:01:33: c'est que ce sont des vrais.
02:01:34: donc on les
02:01:35: remercie.
02:01:35: Ils ont écoutez deux heures.
02:01:37: Bisous la famille !
02:01:38: Et puis on se retrouve de façon dans quinze jours.
02:01:40: On
02:01:41: connaisse déjà le programme.
02:01:42: En vrai ça va être hyper intéressant.
02:01:44: comment on organise des tournées ?
02:01:46: Quelles sont toutes les défis autour du fait voilà de faire tourner des artistes?
02:01:51: Comment ça se passe en fonction des professionnels ?
02:01:52: On va reçir plusieurs boîtes différentes.
02:01:54: Je me pose cette
02:01:54: question tous les soirs avant de dormir,
02:01:55: moi je... comment !
02:01:56: Moi aussi ça m'obsède d'âge !
02:01:57: Comment
02:01:57: ?!
02:01:58: Ça m'obsède.
02:01:58: et bah rendez-vous dans quinze jours.
02:01:59: Voilà
02:01:59: exactement.
02:02:00: Ca sera très bien.
02:02:01: Tchao !